Passer au contenu principal

TennisBellier: «On peut rarement mieux commencer une saison»

Vainqueur du tournoi ITF Future de Manacor en simple et finaliste en double, le Genevois revient sur sa riche semaine, marquée aussi par sa rencontre avec Rafael Nadal.

Antoine Bellier a remporté à Manacor son quatrième tournoi sur le circuit ITF.
Antoine Bellier a remporté à Manacor son quatrième tournoi sur le circuit ITF.
Instagram Rafa Nadal Academy

Antoine, quel bilan dressez-vous de votre semaine sur l’île de Majorque?

C’est une semaine très positive. On peut rarement mieux commencer une saison qu’avec un titre. En plus, en début de saison les tournois sont toujours très relevés. J’ai enchaîné de très bons matches, en battant notamment la tête de série au premier tour (ndlr: l’Italien Stefano Napolitano, 276e au classement ATP), et en ne concédant aucun set. Ce que je retiens, c’est la façon dont j’ai gagné les matches.

C’est-à-dire?

Pendant la pré-saison, je me suis convaincu que je devais jouer davantage vers l’avant, pour faire douter mes adversaires. J’ai réussi à l’appliquer cette semaine. D’autre part, je suis parvenu à gérer les points et moments importants. C’est ce qui te permet de passer l’épaule pour faire basculer le match en ta faveur.

Cette victoire en simple atténue-t-elle la frustration de votre défaite en finale du double, au côté du Français Dan Added?

De la frustration, non. Mais il y a un peu de déception. Quand on s’inscrit à un tournoi, c’est pour aller au bout. Et une finale, on veut toujours la gagner. Malgré cette défaite, ça reste très positif.

Votre semaine a aussi été marquée par votre rencontre avec Rafael Nadal, qui vous a remis le trophée après votre victoire en finale du tableau simple. Vous y attendiez-vous?

Je savais qu’il était là car je l’ai vu s’entraîner pendant la semaine (ndlr: le tournoi se déroulait sur les courts de la Rafa Nadal Academy), mais je ne pensais pas du tout qu’il allait me remettre le trophée. C’est une très belle surprise, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un joueur de ce standing. C’était vraiment sympa et je vais en garder un beau souvenir.

Avez-vous échangé?

C’était assez bref. Il nous a félicités, moi et Evan Furness (ndlr: l’autre finaliste). On a seulement échangé quelques mots et pris deux-trois photos. Avec le Covid, on devait porter un masque et se tenir à distance, ce n’est pas évident pour discuter.

«C’est une très belle surprise, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un joueur de ce standing. C’était vraiment sympa et je vais en garder un beau souvenir»

Antoine Bellier à propos de sa rencontre avec Rafael Nadal
Le Genevois a reçu son trophée des mains de Rafael Nadal.
Le Genevois a reçu son trophée des mains de Rafael Nadal.
DR

Pendant l’interruption de la saison, vous faisiez partie d’une catégorie de joueurs durement touchée par l’arrêt des matches, ce qui vous a contraint à revenir chez vos parents. Au-delà du prestige sportif, cette victoire à Manacor constitue-t-elle une bouffée d’air sur le plan économique?

Je ne suis pas encore allé chercher mon prize-money donc je n’ai aucune idée de ce que je vais toucher (rire). Mais je ne pense pas que cela va changer grand-chose. Ça va pouvoir couvrir mes frais et ceux de mon entraîneur, tout juste.

Au-delà de votre jeu, avez-vous procédé à certains ajustements durant l’intersaison?

J’ai changé de structure. Avant, je m’entraînais à Stockholm (Suède), en indoor. Maintenant, je suis dans le Sud de la France. Par conséquent, on joue toute l’année dehors. C’est un plus parce que cela me permet de gagner du temps en tournoi. Avant, passer de l’indoor à l’outdoor me demandait un temps d’adaptation.

Quelle est la suite de votre programme?

Je dispute un autre tournoi à Manacor cette semaine, où je vais retrouver Stefano Napolitano au premier tour. Puis j’enchaînerai avec un autre Future en France.

Quel est votre mot d’ordre cette saison?

L’ambition, c’est de progresser et grimper au classement (ndlr: actuellement, il occupe la 555e place au classement ATP et devrait gagner une quarantaine de places grâce à sa victoire à Manacor). Après, c’est dur de se projeter avec la pandémie. On a déjà la chance de jouer des tournois. Je prends semaine par semaine et je vais essayer de jouer le plus de tournois possible.

Votre meilleure position au classement ATP remonte à 2016, avec le 503e rang. Le dépasser est-il dans un coin de votre tête?

Honnêtement, non. Avant que vous me le disiez, je n’aurais même pas su vous donner mon meilleur «ranking» en carrière. Je prends vraiment match par match, sans me soucier du reste.