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Batsheva, main dans la main avec la diplomatie israélienne?

La compagnie israélienne présentera un «Last Work» à guichets fermés au BFM les 17, 18 et 19 décembre.

D'ordinaire, le collectif BDS Genève (Boycott Désinvestissement Sanctions), dont la mission consiste à dénoncer la politique «d'apartheid» menée par Israël, préfère éviter de s'attaquer aux artistes. S'il fait exception en envoyant ce jour une «lettre ouverte sur la Batsheva Dance Company», c'est que le mouvement s'oppose avec virulence à la venue du chorégraphe Ohad Naharin et sa célèbre troupe au BFM en décembre, sur l'invitation de l'ADC (Association pour la danse contemporaine) et du Théâtre Forum Meyrin.

Loin de s'en prendre à la qualité des spectacles d'une compagnie fondée à Tel-Aviv en 1964 par Martha Graham, BDS pointe l'implication avérée de Batsheva dans la diplomatie israélienne. Sur quoi se fonde-t-on? D'abord, sur le site du Ministère des affaires étrangères que dirige Benyamin Netanyahou (également premier ministre), où elle est décrite comme «la mieux connue des ambassadrices mondiales de la culture israélienne». Et ensuite, sur ses propres rapports annuels, qui placent au deuxième rang de ses subventionneurs la Division des affaires culturelles et scientifiques du Ministère des affaires étrangères (DACS). Or il se trouve que la DACS a pour mandat de «piloter la propagande culturelle du pays via les consulats et ambassades à l'étranger». Pour bénéficier de ses subventions, les artistes doivent en effet s'engager à «promouvoir les intérêts de l'Etat d'Israël et en créer une image positive». Quant au directeur de la compagnie, Ohad Naharin, souvent dépeint comme subversif, il a participé l'an dernier à la Conférence Herzliya qui réunit le gratin israélien de la politique, de la diplomatie, du business et de l'armée. BDS révèle encore que les rentrées annuelles de la Cie Batsheva (dons privés et subventions publiques) approchent les 6 millions de francs, alors que l'ensemble de la vie culturelle du million et demi de Palestiniens de l'Etat israélien (20% de la population totale) est subventionné à 5 millions par an.

Criant à la ségrégation violente, le collectif invite les Genevois à rejeter l'offre de spectacles, stages, workshops et de film proposée à l'occasion de la venue de la Batsheva Dance Company en décembre prochain. Empoignades garanties d'ici là.