Bande dessinée à LausanneBDFIL, belge une fois
Après le succès de leur édition 2023, Léonore Porchet et Gaëlle Kovaliv relancent la manifestation lausannoise avec la Belgique, l’humour et Tom Tirabosco.

Lundi matin, dans des locaux de la Rasude, sur lesquels elles peuvent encore compter au moins jusqu’en 2027, Léonore Porchet et Gaëlle Kovaliv accueillent le public de leur conférence de presse avec le sourire au moment de dévoiler leur affiche 2024 aux couleurs de Tom Tirabosco, invité d’honneur.
Nommées en 2022, les deux codirectrices de BDFIL peuvent en effet arborer une mine réjouie: leur première édition, réinstallée sur la place de la Gare et de ses environs, a réalisé l’une des meilleures fréquentations de l’histoire de la manifestation lausannoise avec quelque 30``’000 spectateurs aux expositions de l’édition 2023, notamment consacrées à Pénélope Bagieu, à la production de Taïwan et aux «Tuniques bleues».
«On a souvent considéré la BD, de manière un peu péjorative, comme un accès vers la lecture. Nous la considérons comme une lecture en tant que telle.»
Après des années entachées par la fin de règne de Dominique Radrizzani et par la pandémie, le festival renouait avec le succès, tout en affirmant de nouvelles orientations, plus féministes et plus ouvertes à la société dans son ensemble. Le passage de quatre, cinq jours à une durée de deux semaines explique en partie une audience élargie (ainsi qu’un budget augmenté à environ 1 million).
Mais l’accueil privilégié d’un public scolaire a aussi compté avec près de 10% de la fréquentation globale. En 2024, cet aspect va encore être renforcé. «Historiquement, on a souvent considéré la BD, de manière un peu péjorative, comme un accès vers la lecture, estime la conseillère nationale Léonore Porchet. Nous la considérons comme une lecture en tant que telle.»
Gare à la gare
La mouture à venir aura toujours lieu à la gare mais avec quelques incertitudes quant à la possibilité d’investir la place, lieu névralgique des activités commerciales l’an dernier. «Nous y réaliserons le plus de choses possibles, car il y a là une visibilité à occuper, mais cela dépendra des autorisations que l’on recevra…» avertit Gaëlle Kovaliv, consciente des incertitudes qui règnent autour de la gare et de son hypothétique chantier.
Avec plusieurs scenarii à l’esprit, BDFIL va quoi qu’il arrive renforcer cette année sa présence à Plateforme 10, formant ainsi un triangle entre le quartier des arts, la Rasude et la Maison de quartier sous-gare où plusieurs événements sont également prévus.

Au-delà de ces questions de logistiques, BDFIL annonce plusieurs projets fédérateurs. Outre l’invité d’honneur, le déjà cité Tom Tirabosco, Genevois qui n’avait encore jamais eu ce privilège alors qu’il figure parmi les créateurs les plus en vue de la bande dessinée romande, le festival s’attaque à un «monstre», soit la Belgique, mais en l’abordant principalement par le biais de sa production contemporaine, sans oublier son caractère bilingue et l’importance de la traduction dans les enjeux de sa diffusion.
L’exposition «héroïque» passe des «Tuniques bleues» à la vie quotidienne de Côte d’Ivoire avec Marguerite Abouet et ses «Aya de Yopougon» et «Akissi», dessinées respectivement par Clément Oubrerie et Mathieu Sapin.

Rire à frire
L’humour, cette dimension si centrale en bande dessinée, s’impose en thématique annuelle et aura droit à une exposition spécifique en plus d’une collaboration avec les humoristes de Couleur 3. Les festivités ne s’arrêtent pas à ce déjà joli défilé de bulles mais se complètent avec une incursion dans le cabinet de curiosités du Centre BD de la Ville de Lausanne, une carte blanche à la Fribourgeoise Vamille, une exposition pour les 20 ans des Éditions de la Cerise, une présentation du métier de coloriste… Liste non exhaustive!
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Deux soirées sont à caser dans l’agenda. Celle d’ouverture, le 18 avril, avec la performance «Bird Songs» des frères Tirabosco et de Gabriel Scotti aux Jumeaux, le nouveau club de jazz du Flon. Et le Gala RTS Couleur 3 du 19 avril au Capitole avec, notamment, la projection du «Monty Python and the Holy Grail».
BDFIL, Lausanne, divers lieux, du lu 15 au di 28 avril. www.bdfil.ch

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