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Lettre du jourAVS à égalité

Genève, le 14 juin 2019. Grève des Femmes. Manifestation féministe.
Genève, le 14 juin 2019. Grève des Femmes. Manifestation féministe.
Frank Mentha

Chêne-Bougeries, 15 février

50 ans déjà que les femmes ont obtenu le droit de vote. Aujourd’hui force est de constater que la place des femmes dans la société a bien évolué, puisque qu’on les retrouve dans tous les secteurs d’activité ainsi que dans la vie politique, occupant de plus en plus les fonctions et rôles pris jadis par les hommes.

Qu’en est-il de l’égalité hommes femmes ? Eh bien les récentes manifestations féministes, la grève des femmes ont mis en évidence les inégalités, les discriminations, les violences sexistes, auxquelles s’ajoutent des revendications pro climat et antiracistes.

Récemment près de 300’000 personnes ont signé une pétition en ligne lancée par l’Union syndicale suisse à la suite des options prises par la Commission parlementaire du Conseil des États (CSSS-E), à savoir que les femmes ne pourraient prendre une retraite anticipée qu’à partir de 63 ans, et non 62 ans comme le proposait le projet initial du Conseil fédéral.

Si l’on peut comprendre les revendications des femmes, on peut s’étonner de leur silence au sujet de la rente AVS des couples plafonnée à 150 %.

A l’origine du plafonnement des rentes de couple, il faut remonter en 1948 lorsque l’AVS a été créée. La rente de couple correspondait à la réalité sociale de l’époque : l’homme travaillait pour nourrir la famille, la femme vaquait aux tâches domestiques, et on avait estimé que les dépenses auxquelles un couple retraité devait faire face équivalaient à environ une fois et demie celles d’une personne seule.

Or la société a considérablement changé depuis. Beaucoup de personnes vivent ensemble sans se marier. A la retraite, chacune d’elles perçoit sa rente. Les concubins perçoivent par conséquent deux rentes, ce qui n’est pas le cas des couples mariés et des partenaires enregistrés.

Dans la pratique la rente maximale de couple est plafonnée à Frs. 3 585.-, alors que les concubins touchent une rente maximale de Frs. 4 780.- soit de Frs. 1 195.- de plus par mois.

Comment se fait-il que les revendications féministes actuelles ne prennent pas en compte cette discrimination, alors que la pénalisation des couples et des partenaires enregistrés n’a plus sa justification aujourd’hui.

6 commentaires
    Pierre Buholzer

    Comment pareille inégalité est-elle encore tolérée?

    On comprends ainsi l’une des raisons qui incite à divorcer avant l’âge de la retraite!