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MobilitéAvenir Suisse roule pour les nouveaux carburants

Le laboratoire d’idées libérales estime risqué de tout miser sur le moteur électrique pour l’objectif de zéro émission de CO2 en 2050. Il prône des carburants de synthèse capables de protéger le climat.

Avenir Suisse l’affirme sans ambages: mieux vaut ne pas miser uniquement sur le moteur électrique.
Avenir Suisse l’affirme sans ambages: mieux vaut ne pas miser uniquement sur le moteur électrique.

Les voitures électriques ne sont pas la panacée pour atteindre l’objectif de zéro émission de CO2 en 2050, comme le souhaite la Confédération. Le laboratoire d’idées libérales Avenir Suisse l’affirme dans une nouvelle publication qui prône «l’ouverture technologique» sans nouvelles subventions.

Dans l’ouvrage «A fond les gaz vers l’objectif zéro», présenté jeudi aux médias, Avenir Suisse a évalué les mesures techniques, économiques et politiques nécessaires pour faire baisser les émissions de CO2 de la manière la plus efficace possible. Son travail réalisé avec l’aide du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) aboutit à la conclusion suivante: mieux vaut ne pas miser uniquement sur le moteur électrique.

Origine de l’électricité

En effet, la mobilité durable ne dépend pas uniquement de la technologie de propulsion, mais aussi de la source originelle d’énergie qui alimente cette dernière. Cette source doit contenir une part très élevée d’énergie renouvelable, écrit Avenir Suisse.

Lorsque l’électricité est produite dans des centrales à charbon ou à gaz, le véhicule électrique qu’elle alimente n’est pas réellement plus protecteur de l’environnement que des véhicules roulant au diesel, à l’essence ou au gaz, souligne la publication. De même, les véhicules alimentés par des piles à combustible ne protègent pas davantage le climat, si l’hydrogène utilisé n’est pas fabriqué de manière écologique.

Soutenir les carburants de synthèse

Pour Avenir Suisse, les véhicules roulant à l’avenir en Suisse ne peuvent donc se résumer à la technologie électrique, hybride ou à piles à combustible. Il faut aussi des véhicules équipés d’un moteur à combustion, pour autant qu’ils soient alimentés par des carburants de synthèse, qui protègent le climat.

Lorsqu’ils sont produits de manière synthétique, l’essence, le diesel et le gaz restent pourtant nettement plus chers que les combustibles fossiles. Leur prix se situe à 4,50 francs par litre, taxe sur les huiles minérales comprise, déplore Peter Richner vice-directeur de l’Empa.

Pour faire baisser le prix des carburants de synthèse, Avenir Suisse propose les mesures suivantes. Il faut les exonérer de la taxe sur les huiles minérales en tenant compte de la réduction des émissions de CO2 qu’ils entraînent. Parallèlement, il faut aussi que le prix des carburants fossiles permette de promouvoir les carburants de synthèse. Les premiers deviendraient ainsi plus chers et les seconds meilleur marché, se situant à 2,40 francs à la pompe d’ici à 2050.

Pour que l’industrie propose les technologies vertes de carburants et de propulsion les plus diverses, il faut éviter de nouvelles réglementations et subventions «politiquement motivées», estime Avenir Suisse. Etablir de nouvelles subventions crée des dépendances, selon le laboratoire d’idées des grandes entreprises suisses.

Enorme potentiel de l’énergie solaire

Sur le plan des énergies renouvelables, la technique photovoltaïque dispose d’un énorme potentiel en Suisse, constate Peter Richner. En utilisant la moitié de la surface totale des toitures adaptées à cet effet, il est possible de produire autant d’électricité qu’avec les quatre réacteurs nucléaires actuels du pays. Les panneaux solaires peuvent en outre aussi s’intégrer dans des façades.

Le surplus d’électricité produit en été pourrait, en outre, permettre de fabriquer de l’hydrogène ou des hydrocarbures de synthèse facilement stockables et utilisables à plusieurs reprises.

En conclusion, Avenir Suisse estime toutefois que la Suisse restera encore longtemps dépendante des combustibles fossiles en raison de son renoncement au nucléaire. Le «think tank» libéral appelle donc d’autant plus à une flexibilité en matière de technologie pour améliorer le bilan de CO2.

ATS/NXP