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L’éditorial Aux Vernets, le difficile équilibre

Le quartier des Vernets a reçu hier son permis de construire. Et avant que ses 4000 futurs habitants se réjouissent d’avoir trouvé où se loger, on sait déjà une chose. Ce projet va faire hurler bien des Genevois en raison de sa très forte densité.

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L’État avait trois raisons de construire si dense: la crise du logement, l’impératif de ne pas gaspiller le sol et, troisième motif moins honorable, la volonté de valoriser ses propres terrains afin de financer la transformation de la Praille à moindres frais.

Le résultat est-il trop dense? Il faut reconnaître en tout cas qu’on a atteint les limites de l’exercice. Il est d’ailleurs patent que pour faire passer la pilule, l’État cherche à l’extérieur du futur quartier des espaces de respiration qui semblent manquer à l’intérieur. Le parking de la patinoire disparaîtra ainsi au profit d’un parc public. C’est tant mieux, mais on ne pourra pas multiplier cette opération de sauvetage à chaque fois. Pour les projets qui suivront dans le secteur de la Praille, il faudra en tirer les leçons.

Le projet des Vernets a toutefois le mérite de ne pas reproduire les erreurs du passé. Depuis quarante ans, Genève a sous-densifié sa périphérie à coups de petites barres résidentielles, créant des zones sans animation, gaspillant un sol devenu rare et générant des déplacements en voiture. Aux Vernets, on ira à pied faire ses courses, on pourra boire un verre dans un bar et les enfants iront seuls à l’école.

Enfin, il serait judicieux que les observateurs de tout poil ne s’arrêtent pas à l’allure générale du projet pour le décrier. Il a certes des airs de quartier milanais, mais il offre certains appartements tout à fait attrayants. On pourra habiter nombreux aux Vernets, et il n’est pas certain qu’avec le temps, on y vive plus mal que dans une autre rue de Plainpalais.

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