Événements fémininsUn espace dédié aux femmes aux Eaux-Vives
Lors des Mardis des perles, les participantes explorent l’introspection et la méditation. Chaque soirée aide à la souveraineté personnelle.

- Chrystel Monaco Allender anime les Mardis des perles pour les femmes.
- Ces soirées visent à explorer l’identité féminine et la souveraineté personnelle.
- Les ateliers abordent l’introspection, la méditation et le dépassement des conditionnements.
- Le prochain atelier se tiendra le 10 décembre aux Eaux-Vives, à Genève.
J’ai eu le plaisir de rencontrer Chrystel Monaco Allender, créatrice et animatrice, avec sa collègue Brigitte Hardy, des Mardis des perles, un espace dédié aux femmes aux Eaux-Vives une soirée par mois.
Quel est votre parcours professionnel?
Mon parcours professionnel est particulièrement corrélé à ma vie personnelle. La relation d’aide en est le fil rouge. Tout d’abord, j’ai travaillé comme traductrice et rédactrice dans le domaine des sciences humaines et sociales, puis je me suis engagée bénévolement durant de nombreuses années dans des associations de soutien à la parentalité en général et aux enfants dits à besoins éducatifs spécifiques, avant de me consacrer pleinement à l’accompagnement des personnes de tout âge. Je me forme sans cesse, notamment sur les bancs de l’université ou auprès d’experts alternatifs, parfois en autodidacte, pour offrir des prestations de qualité à ceux qui me font confiance. Désormais indépendante, je travaille comme instructrice de méditation et sonothérapeute d’une part, comme rédactrice et relectrice d’autre part.
Quand et dans quel but avez-vous décidé de créer ces espaces de parole des mardis?
Les Mardis des perles ne sont pas seulement un espace de parole. On y dialogue, certes, mais ce sont des soirées de réflexion, d’introspection, de méditation, d’apprentissage, que nous avons lancées à la rentrée dernière, avec ma collègue et amie Brigitte. Notre intention est d’amener les femmes à s’interroger sur leur identité féminine, et à recouvrer ou à conquérir leur souveraineté. Il nous a paru important de mettre en place ces ateliers ici et maintenant à l’intention des femmes car nous traversons, en tant que société, une période qui génère à nos yeux une certaine confusion, voire un certain malaise entre les genres.
Pourquoi avez-vous intitulé ces réunions les Mardis des perles?
Nous avons à cœur, durant nos soirées du mardi, d’emprunter la voie de l’intériorité pour que les participantes apprennent à développer leur capacité à s’aimer, à aimer, à honorer leur dimension féminine au-delà des conditionnements, des obstacles ou des blessures qui leur sont propres. D’où le nom de perles: quand un élément perturbateur, tel un grain de sable, vient s’immiscer dans leur vie, les femmes sont invitées à l’accueillir en conscience, à le recouvrir d’épaisseurs successives de nacre pour le transformer en élément de beauté. On pourrait parler de résilience qui magnifie les femmes, à la façon de l’art japonais du kintsugi.
Quels thèmes avez-vous développés dans les précédents ateliers?
Nous avons d’abord mis l’accent sur la qualité de présence à soi, la capacité à revenir à l’intérieur de soi quand la vie nous bouscule, sur la possibilité de choisir délibérément quelle direction prendre au fur et à mesure – un peu comme un GPS qui recalcule notre trajet en temps réel. Nous avons abordé le thème de la régulation émotionnelle et du libre arbitre. Nous avons aussi rencontré notre enfant intérieure, celle que nous portons en nous d’âge en âge.
Et pour les prochains mardis?
Dans le désordre: nous allons nous intéresser notamment à ce que signifie «aimer», à la guérison du cœur par le pardon, au principe féminin et au principe masculin, au «slow sex», qui est une sexualité consciente et respectueuse des polarités yin et yang.
Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement touchée?
Oui, lors d’une séance, une participante a compris combien elle portait en elle-même des générations entières de femmes conditionnées à la soumission et à l’effacement. Cette femme a soudain pris conscience de ce qui ne lui appartenait pas, de son propre conditionnement, puis elle a manifesté son intention de rompre cette chaîne, pour elle d’abord et pour ses enfants ensuite. Assister à un instant de révélation comme celui-là me procure une joie profonde, comme un soulagement.
Que souhaitez-vous faire passer comme message aux participantes lors de ces réunions? Vous leur proposez, selon votre expression, des «outils»: quels sont-ils?
Le message essentiel est celui d’un empowerment (autonomisation, empouvoirement) pacifique, mais aussi d’une clarification intérieure: est-ce que je vis pleinement ma vie de femme ou bien est-ce que je vis conformément à ce que mon environnement et mon entourage attendent de moi? Il n’y a que le corps qui peut répondre sincèrement. D’où la nécessité d’apprivoiser de mieux en mieux notre corps, pour affiner notre perception intérieure, notre écoute intime. Cette écoute intérieure ne peut se produire que dans une certaine qualité de silence bienveillant. Nous invitons les participantes à renouer avec leur nature féminine profonde entre autres par des méditations guidées, des exercices de conscience corporelle, la relaxation.
Dans notre conversation, vous m’avez parlé de «complémentarité positive». Qu’entendez-vous par là?
La nature et, de façon générale, la plupart des phénomènes terrestres obéissent à une dualité que nous pouvons dépasser: le jour/la nuit, la vie/la mort, l’ombre/la lumière, le masculin/le féminin, etc. Nous savons bien que la dualité peut générer une tension aussi qu’elle génère une énergie féconde: l’alternance du jour et de la nuit, par exemple, est indispensable à la plupart des organismes vivants. Il en va de même pour le masculin et le féminin, qui sont deux polarités égales et complémentaires, qui ne peuvent exister l’une sans l’autre. Or nos sociétés, de longue date, ont dérapé vers une hypertrophie problématique du masculin (d’aucuns parlent de patriarcat machiste). La toute-puissance masculine a conduit à des excès qui provoquent aujourd’hui, dans le monde occidental, des réactions parfois virulentes des femmes contre les hommes, l’harmonie, voire la paix sur terre ne pourront pas s’instaurer dans ce contexte. Nous avons besoin de travailler ensemble à reconnaître nos spécificités afin de les respecter mutuellement et de s’en enrichir. D’où le terme de «complémentarité positive», comme on parle de discipline positive ou de discrimination positive dans d’autres milieux.
Quelle sera la prochaine date du mardi, où se trouve le local et comment s’y inscrire?
Notre prochain atelier aura lieu le mardi 10 décembre aux Eaux-Vives (Espace Le Camango, rue Ernest-Bloch 56, 1207 Genève). Les femmes intéressées peuvent me contacter via mon site internet www.eancrage.ch ou par mail: cma@eancrage.ch. La rencontre suivante aura lieu le 28 janvier 2025.
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