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Expo à Lausanne
Aux Docks, le rock trait pour trait

Parmi les 120 dessins à voir aux Docks, celui du guitariste des Fomies, de Vevey, est l’un des préférés d’Hélène Becquelin. «Ce serait cool que «24 heures» choisisse un dessin d’un groupe local.» Et voilà.
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Hélène Becquelin ne cache pas son côté fan. Mieux: elle l’expose. En couleurs ou en noir et blanc, à l’encre ou à l’aquarelle, vindicatifs ou rêveurs, masculins, féminins ou va savoir, ses dessins chantent le rock, le sien dès lors qu’il louche du côté du post-punk, mais qu’elle ne boude pas complètement quand il matraque des sons plus épais.

Le tout tient sur quatre murs, à l’étage des Docks lausannois où son expo assez précisément titrée «Dessins de concerts» sera vernie jeudi 4 mai, puis visible jusqu’au 29 juin, bien après la fin de BDFIL sur laquelle cette exposition créée par la salle lausannoise résonne.

La batteuse de Big Joanie, vue au Kilbi Festival. La batterie est peu présente dans l’expo, «car elle implique trop de mouvements».

«Avant tout, je fais ça pour le plaisir.» Depuis qu’elle a relancé la machine des concerts et des sorties après un hiatus parental d’une quinzaine d’années, la créatrice d’«Angry Mum» n’a de cesse de perpétuer la quête de cette magie ressentie, ado, lorsque la vague punk toucha Lausanne. «Mes deux meilleurs concerts sont The Clash à Beaulieu en 1981 et Idles à Genève en 2018», résume la presque sexagénaire. Le grand écart peut impressionner. Mais sa fringale de dessins en corollaire de sa boulimie de concerts est relativement récente.

Depuis cinq ans, pause Covid comprise, elle a notamment croqué tous les artistes que la Rocklette du Palp Festival a invité au-dessus de Martigny. «C’est là où j’ai fait mon premier dessin de concert, un peu pompette. J’ai envoyé les œuvres aux groupes.» Par la suite, un mandat cantonal a fixé la collaboration entre la dessinatrice et le festival valaisan.

Par conséquent, la programmation du Palp constitue une bonne moitié des artistes épinglés. Malgré la diversité des techniques («dès qu’il me semble en maîtriser une, j’essaye autre chose»), les figurines reflètent une «patte», bien sûr, mais aussi un goût pour l’épure enfantine qui tranche avec l’environnement sonore tumultueux où les musiciens furent «figés» – sur le smartphone d’Hélène, d’abord, puis sur papier d’après la photo. «Il y a une forme d’exercice académique derrière ça. J’aime le côté statique, une sorte de pose.»

Souvenir de Fat White Family et de son guitariste.

Devant chaque dessin d’un groupe américain ou d’un artiste vaudois, elle s’enthousiasme, en souvenir du concert en tant que tel (elle en suit une cinquantaine par année) ou de la réalisation de l’œuvre, plus ou moins galère, quelques jours plus tard dans le calme de son bureau. «Mate ce bassiste comme il est canon!» Elle sort son smartphone pour trouver l’original et présente effectivement un beau bestiau, bien plus féroce à l’écran que sa transposition sur papier. «Je n’essaye pas de rendre le côté trop masculin des mecs, même s’il y en a des bien musclés.»

Lausanne, Docks
Du 4 mai au 29 juin (gratuit du lu au ve de 17 h à 18 h hors jours de concerts.)
Vernissage je 4 mai (18 h 30) avec DJ.
www.docks.ch