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ÉlectionsAu Venezuela, l’opposition va boycotter les législatives

Qualifiant le scrutin de «fraude électorale», les principaux partis d’opposition ont, comme Juan Guaido, appelé à boycotter les législatives.

L’opposition accuse Nicolás Maduro d’utiliser «le contrôle qu’il exerce sur la puissance publique», pour empêcher «toute possibilité d’organiser une élection libre et ouverte».
L’opposition accuse Nicolás Maduro d’utiliser «le contrôle qu’il exerce sur la puissance publique», pour empêcher «toute possibilité d’organiser une élection libre et ouverte».
KEYSTONE

Les principaux partis d’opposition au Venezuela ont annoncé dimanche qu’ils s’étaient mis d’accord pour boycotter les élections législatives du 6 décembre. «De manière unanime, nous avons décidé de ne pas participer à la fraude électorale organisée par le régime de (Nicolas) Maduro», ont écrit ces partis, dans une déclaration commune signée par 27 organisations. Les signataires dénoncent l’absence de «processus électoral ouvert, qui garantirait le respect de la volonté souveraine du peuple», et ont rappelé leur «soutien» au chef de l’opposition Juan Guaido.

L'Assemblée nationale est actuellement présidée par Juan Guaido, qui considère comme illégitime la présence au pouvoir de Nicolás Maduro et s’est proclamé en janvier 2019 président par intérim du Venezuela. Il est reconnu comme tel par plus d’une cinquantaine de pays dont les États-Unis, qui appellent au renversement de Nicolás Maduro et appliquent des sanctions économiques contre Caracas. Nicolás Maduro est lui soutenu par la Russie, la Chine, l’Iran et Cuba.

«Nouvelle farce»

Juan Guaido avait auparavant appelé à boycotter les législatives, dans un message sur Twitter. «Cette nouvelle farce est condamnée à l’échec», a-t-il écrit, appelant l’opposition à «rester unie» pour mettre fin, avec l’aide internationale, «à la tragédie entraînée par la dictature». L’opposition accuse Nicolás Maduro d’utiliser «le contrôle qu’il exerce sur la puissance publique», pour empêcher «toute possibilité d’organiser une élection libre et ouverte».

Ils rejettent ainsi la nomination par le Tribunal suprême de justice (TSJ), considéré comme acquis au pouvoir du président socialiste, d’Indira Alfonzo -une magistrate sanctionnée par le Canada- comme présidente du Conseil national électoral, s’arrogeant ce faisant une prérogative de l'Assemblée nationale.

L’actuelle législature, qui a mis un terme à quinze ans d’hégémonie chaviste, arrivera à son terme le 5 janvier 2021. Mais la victoire de l’opposition aux législatives fin 2015 est restée au stade du symbole. Dans la foulée de l’élection, le Parlement avait été déclaré en «rébellion» par la Cour suprême, annulant toutes ses décisions.

ATS/NXP