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Création chorégraphiqueAu rythme de la plante

Sur la scène du Galpon, les «Sismes» de Marion Baeriswyl épousent ce week-end la mobilité douce des végétaux.

Marion Baeriswyl, une liane qui croît sous vos yeux dans «Sismes».
Marion Baeriswyl, une liane qui croît sous vos yeux dans «Sismes».
Elisa Murcia Artengo

Tout comme l’autre, l’univers botanique est en constante expansion. Vous le savez bien, même si vous avez tendance à l’oublier: les racines d’un arbre ne cessent de s’enfoncer dans la terre (on parle de géotropisme), tandis que ses feuilles grimpent continuellement vers la lumière (on appelle ça le phototropisme). S’il échappe à l’œil humain, le phénomène n’en est pas moins omniprésent.

Depuis quelques années («Déjeuner de soleil», «Rocaille»…), la chorégraphe genevoise Marion Baeriswyl cherche à épouser cette mobilité douce et lente, dans un souci aussi artistique qu’écologique. Vêtue d’un collant imprimé d’ornements floraux, elle co-interprète son nouveau solo, «Sismes», avec son complice, le compositeur de musique électronique D.C.P, ainsi que les créateurs lumière Bérénice Fischer et Alain Richina.

D’un seul tenant, la pièce se contemple dans une dilatation du temps, sans qu’aucun mouvement, aucun son ne soient repris ou répété. La fluidité à l’œuvre oscille entre contraction et extension, suivant tantôt des lignes longues ou des points tillés. Observer la croissance d’une tige, rien de tel pour atteindre la zénitude. Sauf qu’ici, le titre renvoie par paronymie à «séismes», rappelant que les plaques tectoniques bougent imperceptiblement, elles aussi, jusqu’à déclencher la catastrophe…

«Sismes» Théâtre du Galpon jusqu’au 11 oct., www.galpon.ch