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Droits des minoritésAu Nicaragua, la terre volée aux indigènes au nom de la viande de bœuf

Lauréate du Prix Nobel alternatif 2020, l’avocate Lottie Cunningham Wren se bat contre les violences contre les peuples autochtones et dénonce un ethnocide.

Des bovins dans des parcs d’engraissement attendent d’être emmenés à l’abattoir de la ville de Tipitapa, à 25 km de Managua. Le Nicaragua exporte 90% de sa production de viande de bœuf.
Des bovins dans des parcs d’engraissement attendent d’être emmenés à l’abattoir de la ville de Tipitapa, à 25 km de Managua. Le Nicaragua exporte 90% de sa production de viande de bœuf.
AFP

Lottie Cunningham Wren a une voix chaleureuse, un anglais teinté d’espagnol qui cherche parfois ses mots. La ligne est mauvaise, l’avocate précise qu’elle n’est pas au Nicaragua, mais n’en dira pas plus. «Je suis menacée de mort.» Par ceux que son combat dérange et qui ont redoublé de violence ces derniers mois dans les forêts de son pays.

En février, une jeune fille Miskito de 15 ans a été blessée par des tirs de sniper alors qu’elle se baignait dans une crique. Le message était directement adressé à sa communauté, l’une des plus grandes de la région estimée à 150’000 individus. «Les colons (ndlr: non autochtones) nous volent nos terres, explique Lottie Cunningham Wren. Ils détruisent la forêt et empoisonnent nos rivières. Ils brûlent nos maisons et kidnappent ou tuent ceux d’entre nous qui résistent. Cette année, plus d’une dizaine des nôtres ont été assassinés et quatre chefs de tribus ont disparu. Les gens vivent dans la peur.»

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