Au feu, l'usager néglige les zones vélo
Les sas vélo se multiplient aux carrefours. Ils sécurisent les cyclistes, à condition que chacun respecte les règles.

Voilà un aménagement routier qui fait consensus. Le sas vélo. «Il en faudrait plus», entend-on du côté de Pro Vélo. «Le principe offre confort et sécurité, aussi bien pour les vélos que pour les voitures», dit-on à la Direction générale des transports. Trois de ces aménagements figurent sur la liste des dernières mesures ponctuelles d'amélioration de la circulation tout juste présentées. Placés sur le boulevard Georges-Favon, à la rue de Lausanne et à la rue du Grand-Bureau, ils s'ajoutent aux 200 sas qui ont fleuri dans les rues de Genève en quelques années.
De quoi parle-t-on au juste? De ces espaces réservés aux cyclistes situés au-delà de la ligne d'effets de feux (celle à ne pas dépasser), voire devant le passage pour piétons. La surface offre quelques mètres d'avance sur le flot de voitures au moment de démarrer. D'autant que le cycliste a tendance à tanguer avec les premiers coups de pédales. «Dans certains cas, les feux vélos ont été programmés de manière à passer au vert deux secondes avant le reste du trafic», fait remarquer Olivier Caumel, directeur pour la région Rhône-Arve au Département des transports. C'est le cas notamment sur la route de Chancy, quand celle-ci déverse ses pendulaires sur le pont de Saint-Georges et la Jonction. Le décalage doit permettre d'éviter les mouvements de cisaillement entre les vélos contraints de couper la route en diagonale alors que les voitures bifurquent dans la direction opposée.
Contact visuel primordial
L'aménagement a le mérite d'isoler le cycliste de la circulation, du maudit angle mort et des gaz d'échappement (brièvement). Aussi, il est salué par ceux qui se déplacent à vélo. «Le sas est utile, voire vital», assène Julien Hutin, responsable des cours de conduite cycliste chez Pro Vélo. Reste la réalité quotidienne de la circulation genevoise. D'abord, l'espace réservé peut être inatteignable ou squatté par les motos et scooters. En tant que professionnel de la sécurité routière, Julien Hutin constate la mauvaise utilisation des usagers, qu'ils soient motorisés ou non. «Les cyclistes ont tendance à former un peloton désordonné alors qu'il faut se placer à gauche, à droite ou au milieu pour montrer la direction que l'on veut prendre», explique-t-il. Quant aux voitures et aux deux-roues motorisés, «ils coupent trop souvent la route des vélos quand ils tournent, or ils n'ont pas la priorité». Enfin, la règle d'or est valable pour tous, dans un sas vélo ou non: «Chercher le contact visuel et faire très attention aux camions, toujours!» martèle Julien Hutin en évoquant le dernier drame qui a coûté la vie à une jeune cycliste sur la route de Malagnou en janvier.
Le feu dans le dos
A écouter les usagers, le sas vélo reste néanmoins perfectible. Dans certaines villes étrangères, la surface se teinte d'une couleur vive pour un gain en visibilité qui ne se discute pas.
Un coursier à vélo affichant des milliers de kilomètres au compteur fait remarquer une autre particularité: «Lorsqu'on se trouve dans certains sas, le feu est dans notre dos. On ne le voit pas, ou mal.» Il a vu juste. En réalité, cette situation se produit lorsqu'un sas a été créé spécifiquement pour les cyclistes souhaitant tourner à gauche (alors que les autres véhicules n'y sont pas autorisés). On en trouve quand la rue de Lausanne déboule sur la place de Cornavin. «Le tourner à gauche indirect est un compromis: le vélo doit alors longer le passage pour piétons. La boîte à feux vélo se trouve alors dans le dos: elle est visible, mais moins confortable», admet Olivier Caumel.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.













