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L’invitéAttention aux envies de chasse à Genève…

Depuis l’acceptation de l’initiative pour la suppression de la chasse, plébiscitée par les citoyens genevois en 1974, les rêves les plus utopiques concernant le développement de la faune de notre canton sont, contre toute attente, devenus réalité.

Il faut d’emblée rappeler qu’à l’époque, la chasse avait un caractère totalement artificiel, essentiellement basé sur le lâcher, peu avant l’ouverture de celle-ci, de quelques centaines de lièvres d’élevage achetés en Hongrie, ainsi que de plusieurs centaines de faisans provenant d’un élevage genevois.

La faune sauvage avait auparavant été totalement éradiquée du canton par les fossoyeurs de la biodiversité que sont les chasseurs. Lesquels, ailleurs en Suisse, continuent à tirer certaines espèces en voie de disparition, tels notamment le lièvre brun, le grand tétras et la perdrix grise; tout en faisant également pression sur nos autorités pour que l’on facilite l’élimination de leurs «concurrents» que sont le loup et le lynx.

Dans notre canton, même le sanglier, aujourd’hui très nombreux, avait quasiment disparu. Qui, à cette époque, aurait osé rêver d’observer le moindre chevreuil, ni à plus forte raison le majestueux cerf, et moins encore le retour du loup ou du lynx dans notre région?

«Des solutions existent pour autant que l’on ait la volonté d’y recourir et d’y mettre le prix.»

Depuis lors également, le retour en nombre d’oiseaux migrateurs dans différentes zones humides du canton a permis que ce dernier soit considéré comme «zone d’importance internationale», reconnu par la Convention internationale de Ramsar.

La diversité et la richesse actuelle de notre faune démontrent bien qu’après 47 ans sans chasse, et malgré la pression de l’urbanisme et la densité de la population (la plus importante de Suisse), la faune peut faire preuve d’une grande résilience et se réapproprier son espace naturel, pour autant qu’on lui en laisse l’occasion.

À peine retrouvé, ce trésor naturel se doit d’être considéré et géré d’une manière plus respectueuse et moins anthropocentrique.

Des solutions existent pour autant que l’on ait la volonté d’y recourir et d’y mettre le prix. Depuis 1974, la prise de conscience, la sensibilité et les exigences de la population ont considérablement évolué, et cela serait une faute politique impardonnable de la part de nos autorités de ne pas en tenir compte.

Quant aux chasseurs, leur influence, leur lobby et leurs sympathisants n’ont pas disparu du canton, les pressions en faveur des solutions les plus radicales (les tirs), les plus proches de la chasse, et donc les plus propices à valider le funeste retour de celle-ci, n’ont jamais cessé.

Plusieurs tentatives de restaurer la chasse ont échoué depuis 1974, notamment la dernière, proposition du député «libéral» Pierre Weiss, qui souhaitait supprimer le budget cantonal des «gardes-faune», pour ainsi laisser faire le «travail» gratuitement par les chasseurs, projet alors refusé par notre parlement.

9 commentaires
    BOAtaNic

    Sans vouloir faire dans l'historien du dimanche pour un rappel des faits, l'homme a toujours chassé. Soit pour se nourrir et aussi pour se vêtir.

    Avec les temps modernes, on pourrait considérer la chasse comme un outil de régulation évidente et nécessaire afin de préserver certains secteurs de l'agriculture, voir de la faune et flore. Cette régulation est parfaitement gérable par des instances officielles des services des Gardes-Faune.

    Pour se nourrir, il suffit de se rendre à la Migros (ou à Intermarché pour les irréductibles) et pour s'habiller il suffit d'un petit weekend à Milan (pour les fashionistas) ou à Barcelone et Paris (pour les bonnes affaires) !!

    Mais nul besoin de déréguler pour laisser la porte ouverte à tous les passionnés de la gâchette et de les lâcher au bords de l'Allondon ou dans les Bois de Jussy. Il y a assez de stands de tirs pour pratiquer le tir sportif, ancré dans nos traditions helvètes.

    Tuer pour le plaisir des animaux innocents alors que la nourriture ne manque pas demeure incompréhensible.