Attaque djihadiste à MorgesLa compagne de la victime se retourne contre l’État
La jeune femme réclame 25’000 francs d’indemnités pour tort moral. Selon elle, les autorités auraient pu empêcher le meurtre de son compagnon en 2020.

La compagne de l’homme tué d’un coup de couteau à Morges en 2020 réclame 25’000 francs d’indemnité pour tort moral à la Confédération. La vingtenaire estime que le Ministère public de la Confédération (MPC) a failli dans cette affaire et aurait pu prévenir ce meurtre, selon la RTS.
Pour justifier cette démarche, son avocat Fabien Mingard rappelle que l’auteur du meurtre était en libération provisoire lorsqu’il a commis son attaque dans le canton de Vaud. Cette libération était soumise à des conditions, qu’il n’a pas respectées, sans que cela n’incite le MPC à réagir.
«Je pense que la seule mesure qui s’imposait, et la procureure l’avait indiqué au prévenu, aurait été de le réincarcérer au moindre écart.»
«Depuis sa libération provisoire, le prévenu a commis de nombreux manquements par rapport aux mesures de substitution qui avaient été ordonnées. Or, la procureure n’a jamais réagi alors qu’elle avait été informée par la police de ces manquements», affirme Me Fabien Mingard. Selon lui, il aurait fallu «à tout le moins» réentendre le prévenu. «Mais je pense que la seule mesure qui s’imposait, et la procureure l’avait indiqué au prévenu, aurait été de le réincarcérer au moindre écart».
Pour mémoire, l’Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération (AS-MPC) a déjà épinglé le MPC dans cette affaire. Dans un rapport publié en mars dernier, elle avait estimé que le Parquet fédéral aurait dû mieux évaluer la dangerosité de cet homme durant la période précédant son attaque meurtrière. Le MPC doit maintenant se déterminer sur cette demande d’indemnisation.
Fasciné par l’État islamique
L’auteur du meurtre, un binational turco-suisse qui a grandi à Prilly, a été condamné en janvier dernier à 20 ans de prison par le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone (TI). Il avait poignardé mortellement un jeune Portugais, le 12 septembre 2020 dans un kebab à Morges. Durant son procès, il avait expliqué ses actes par sa fascination pour le groupe État islamique.
ATS
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