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La reine de la soul au cinémaAretha Franklin en documentaire, avant le film

«Amazing Grace» donne la mesure du sublime de la diva soul avant qu’Hollywood ne s’empare de sa légende dans «Respect» à l’automne.

«Amazing Grace» donne la mesure du sublime de la diva soul avant qu’Hollywood ne s’empare de sa légende dans «Respect» à l’automne.
«Amazing Grace» donne la mesure du sublime de la diva soul avant qu’Hollywood ne s’empare de sa légende dans «Respect» à l’automne.
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Retour en images sur la reine de la soul,  à l’honneur dans «Saving Grace», qui filme un concert événement de 1972 dont la diffusion a été longtemps bloquée par la star elle-même.
Retour en images sur la reine de la soul, à l’honneur dans «Saving Grace», qui filme un concert événement de 1972 dont la diffusion a été longtemps bloquée par la star elle-même.
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En janvier 1972, Aretha Franklin enregistre un album live intimiste dans une église de Watts à Los Angeles. Disque mythique et documentaire qui ne l’est pas moins: «Amazing Grace».
En janvier 1972, Aretha Franklin enregistre un album live intimiste dans une église de Watts à Los Angeles. Disque mythique et documentaire qui ne l’est pas moins: «Amazing Grace».
PHOTOS DR
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En janvier 1972, Aretha Franklin vient de conquérir l’Europe, Montreux notamment l’été précédent, où la diva soul a subjugué les festivaliers avec «A Brand New Me». Dans une modeste église du quartier de Watts à Los Angeles, la reine de la soul, 29 ans, enregistre quatorze chansons. Comme une grand-messe païenne avec son chœur majestueux, la prêtresse officie au sommet de son art.

Du gospel le plus pur

Le gospel le plus pur trempe un double album appelé à devenir mythique, vinyle le plus vendu de l’histoire du genre et triomphe absolu dans la carrière d’Aretha. Un jeune réalisateur dépêché par Warner Bros, Sydney Pollack, filme ce concert événementiel. En effet, encouragés par le succès du documentaire musical «Woodstock», les studios, propriétaire du label Atlantic, celui-là même de la chanteuse, flairent la bonne affaire.

Mais l’équipe technique se mélange les pinceaux, ne synchronise pas images et prises de son. Les bobines échouent aux archives, oubliées jusqu’au début des années 1990. Un jeune producteur, Alan Elliott, veut exhumer ce trésor, le numériser. Nouvelle embûche, Lady Soul refuse de diffuser ces images désormais mythiques et met un veto catégorique par voie légale.

«Elle a donné une performance électrisante qui vous faisait dresser le poil!»

Mick Jagger, dans la salle

Ses motivations restent mystérieuses, appât du gain, frustration par rapport à la Warner Bros qui ne vit pas en elle la fibre d’une star, refus de se voir vibrer avec l’insolence de sa jeunesse sur les notes de «Never Grow Old», elle qui se meurt du cancer?

Son décès en 2018 libérera enfin «Amazing Grace», vaudou ensorceleur qui met à genoux. Dans l’église, Mick Jagger et Charlie Watts applaudissent. «Elle a donné une performance électrisante qui vous faisait dresser le poil!» déclarait récemment au «Time» le leader des Rolling Stones. De quoi inspirer la comédienne Jennifer Hudson, qui incarne Aretha Franklin dans le biopic hollywoodien «Respect».

«Amazing Grace», documentaire de Sydney Pollack (USA, 87’, 0/8). Cote: XXXX (chef-d’œuvre)