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FootballAnthony Racioppi: «J’ai été plongé dans le bain direct»

Titularisé pour la première fois en professionnel le week-end dernier, le gardien genevois de Dijon (21 ans) a arrêté un penalty dès la 7e minute. Il raconte son baptême du feu.

Anthony Racioppi est parti du bon côté, il va stopper le penalty tiré par le Messin Opa NGuette.
Anthony Racioppi est parti du bon côté, il va stopper le penalty tiré par le Messin Opa NGuette.
AFP

Anthony Racioppi, quelques jours après avoir fêté votre première apparition en pro à Metz (1-1), l’émotion est-elle retombée?

Oui, on peut dire ça. Maintenant, je me concentre sur la sélection (ndlr: il fait partie de la liste des M21 appelés pour affronter l’Azerbaïdjan, ce jeudi, puis la France, lundi).

À froid, quel regard portez-vous sur votre prestation de ce week-end?

Je trouve que c’est plutôt un match positif dans l’ensemble. Je suis assez content de moi et de l’équipe. J’aurais peut-être pu éviter le but, mais ça, ce sont des petits détails à régler que je vais perfectionner avec le temps.

Savez-vous que vous êtes devenu le premier gardien de Ligue 1 à arrêter un penalty pour ses débuts professionnels depuis Mike Maignan avec Lille, en septembre 2015?

Contre Rennes! Oui, j’ai appris cela après le match. C’est cool, c’est une bonne anecdote. J’espère suivre les mêmes pas que lui (ndlr: Maignan est depuis devenu international français et s’est imposé comme l’un des meilleurs portiers de Ligue 1).

Qu’est-ce qui vous est passé par la tête entre le moment où Opa NGuette s’est présenté face à vous et votre arrêt?

On peut dire que j’ai été plongé dans le bain direct (rire). Je me suis dit: «Là, c’est moi contre lui. Il faut que je fasse ce que je sais faire.» J’ai essayé de le regarder un peu dans les yeux, mais j’ai vu qu’il ne me regardait pas trop. Dès le début, je voulais plonger du côté gauche. J’étais vraiment fier de moi, je n’en croyais pas mes yeux. C’est magnifique.

Avez-vous une technique particulière pour stopper les penalties?

Franchement, non. J’essaye de prendre le plus de place possible dans le but, de bouger, déstabiliser. Sinon, c’est à l’instinct.

«C’est comme un accomplissement. J’ai travaillé dur toutes ces années et je vois que, pour l’instant, mes sacrifices ont porté leurs fruits.»

Racontez-nous comment vous avez appris votre titularisation…

On m’a informé en début de semaine, par le biais de Grégory Coupet et David Linarès (ndlr: respectivement entraîneur des gardiens et entraîneur principal de Dijon). Ils m’ont expliqué que c’était à moi de jouer, de montrer mes qualités et qu’ils me faisaient tout à fait confiance.

Votre titularisation s’expliquait-elle par un éventuel souci concernant l’habituel numéro 1, Saturnin Allagbé?

Non, c’était une volonté des entraîneurs de me faire jouer.

Qu’avez-vous ressenti en apprenant la nouvelle?

Beaucoup de satisfaction, d’émotion, j’étais très content. Je n’ai pas arrêté d’y penser, sans toutefois trop me focaliser dessus, sinon je me serais mis trop de pression. Je ne vais pas dire que j’ai pris ce match comme les autres, vu que c’est mon premier, mais je me suis lâché.

Après des années d’attente, est-ce que cette grande première vous a également procuré une forme de soulagement?

C’est comme un accomplissement. J’ai travaillé dur toutes ces années et je vois que, pour l’instant, mes sacrifices ont porté leurs fruits.

Pendant le match, avez-vous pensé à votre parcours, à vos émotions?

Non, ça c’était plus après le match. Pendant, j’étais complètement concentré sur ce que j’avais à faire. Après, la pression est redescendue et j’ai pu apprécier.

Comment gère-t-on la pression d’une première titularisation en pro, sachant que les occasions pour un gardien sont plus rares qu’aux autres postes?

C’est sûr qu’au poste de gardien, c’est compliqué. Soit on peut être amené à jouer vite, soit il faut être patient. Moi, j’ai continué à bien m’entraîner, mes proches m’ont toujours soutenu et j’ai toujours cru en moi. J’ai aussi joué pas mal de matches internationaux auparavant avec les sélections suisses, donc j’étais un peu préparé et cela m’a mis en confiance. En plus, il n’y avait pas de supporters, donc la pression est moindre, on peut dire.

Malgré la situation délicate dans laquelle se trouve Dijon actuellement – l’entraîneur et le directeur sportif viennent d’être limogés et l’équipe, toujours sans victoire cette saison, est lanterne rouge -, vos premières semaines là-bas vous confortent-elles dans l’idée qu’il s’agit du meilleur endroit pour progresser?

Oui, j’ai fait le bon choix d’aller là-bas cet été. Grégory Coupet m’a beaucoup conseillé, on s’entraîne super bien et cette titularisation m’a mis encore plus en confiance. Avec le groupe, on s’améliore de semaine en semaine et j’espère qu’on va se maintenir.