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ÉconomieAncien apprenti transitaire, le patron des Ports Francs s’en va

Directeur depuis dix ans, Alain Decrausaz aura fait entrer le lieu de dépôt dans le XXIe siècle, avec, notamment, le stockage des grands crus.

Alain DECRAUSAZ, directeur des Ports Francs, pose dans un dépôt à la température et l’humidité contrôlées.
Alain DECRAUSAZ, directeur des Ports Francs, pose dans un dépôt à la température et l’humidité contrôlées.
LUCIEN FORTUNATI

Depuis le début du mois, le directeur des Ports Francs, Alain Decrausaz, est à la retraite. En place
depuis 2010, directeur adjoint depuis 1998, il aura vu et participé au changement de son
entreprise. Celle-ci étant observée avec méfiance par la Confédération il y a six ans encore, suite à des
polémiques retentissantes sur des œuvres d’art douteuses, le resserrement des contrôles et des
mesures de sécurité sur le site était salué par le Contrôle fédéral des finances l’an passé.
Interview.

Alain Decrausaz, à quoi sert un port franc et d’ailleurs que fait-il à Genève?

Les Ports Francs ont été fondés en 1890. Au départ, c’était le lieu d’entreposage des denrées alimentaires venant notamment de France et de la zone franche pour des halles. D’ailleurs, il était situé à Rive. Puis, il a été déplacé à Cornavin, où il servait plutôt l’industrie. Le déplacement à la Praille remonte aux années 60. Sur le fond, les Ports Francs sont comparables à n’importe quel grand port côtier européen, comme Marseille ou Amsterdam. C’est là que sont entreposées une partie des marchandises entrant en Suisse avant d’y être taxées. C’est aussi un entrepôt classique avec aujourd’hui la moitié des marchandises entreposées taxées, donc en régime suisse. En gros, nous sommes une plateforme d’échange qui accueille entre 800 et 900 personnes par jour et dont l’échelle des produits va du Picasso aux chips de crevettes.

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