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Encre bleueAmoureux en berne

Patrick Martin

La Saint-Valentin, c’est demain. Le jour des amoureux, donc. Heureuse perspective! Sauf que, cette année, le cœur n’est pas vraiment à la fête.

Comment exprimer, en ce 14 février, l’amour que l’on éprouve pour l’autre? Il faudra une certaine créativité pour y parvenir, car les bons vieux trucs classiques ne vont pas fonctionner. Les buts de sortie à deux sont quasi inexistants: restaurants fermés, lieux de rendez-vous insolites gommés du paysage, escapades hors frontières oubliées. Les cadeaux originaux ou les petites attentions de dernière minute sont difficiles à dégoter. Pour couronner le tout, le moral général est en berne, ce qui ne facilite guère l’esprit d’initiative.

Tiens, justement. Et si l’on passait une nuit à l’hôtel, pour varier les plaisirs? En plus d’un lit douillet, on aurait aussi la chance de mettre les pieds sous la table et de déguster un plat de circonstance, les yeux dans les yeux… Faut pas rêver! En ce début de vacances scolaires, les adresses abordables sont bien prises. Restent peut-être les palaces, pour les amoureux sur le retour. Mais pas grand-chose pour tous ceux qui sont en partance. Quelles sont les possibilités de drague, de rencontre, d’épanouissement pour ces jeunes qui se cherchent? Tous les lieux où la vie pulse sont désespérément clos.

Alors oui, il y a bien la balade dans un froid sibérien, la main dans la main. Mais ça va un moment. Comme de se bécoter sur les bancs publics. Pour la gaudriole, faudra repasser. Triste temps, pour les jeunes amoureux. Qu’ils ne cèdent pas pour autant à la mode des cadenas d’amour accrochés aux ponts. Pareil sentiment ne se ferme pas à double tour, avec une clé que l’on finit par perdre. Restent alors les fleurs, qui sont périssables. Mais il s’en trouve presque tous les jours. Comme l’amour, quand on sait le cultiver.