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FootballAlex Schalk: «Jouer du piano me fait du bien»

Le buteur de Servette raconte sa passion. Il a acheté un piano sur un coup de tête, parce que cela le démangeait depuis un moment, et a appris à jouer en autodidacte.

Alex Schalk: le buteur est aussi un pianiste, heureux de jouer sur un magnifique instrument à l’occasion d’une photo d’équipe organisée au Grand Théâtre de Genève. Une occasion de réunir et pas d’opposer sport et culture.
Alex Schalk: le buteur est aussi un pianiste, heureux de jouer sur un magnifique instrument à l’occasion d’une photo d’équipe organisée au Grand Théâtre de Genève. Une occasion de réunir et pas d’opposer sport et culture.
Servette FC / A. Chac

Sur un terrain de football, il connaît sa partition sur le bout des doigts. En dehors aussi. D’Alex Schalk, on connaît le sens du but, la rage de vaincre, la folle énergie qu’il engage sous le maillot de Servette. Ce que l’on sait moins, c’est sa passion pour la musique, pour le piano, dont il joue depuis quelques années.

Alex Schalk a découvert un magnifique piano à queue au Grand Théâtre. Entre deux photos, il a cédé à son autre passion.
Servette FC / A. Chac

En marge des photos des équipes A féminine et masculine prises au Grand Théâtre de Genève, pour rappeler la dureté avec laquelle le football et la culture sont solidairement touchés par le Covid-19, on peut observer dans une vidéo qui tourne sur les réseaux sociaux, Alex Schalk, au piano. Les mains courent sur le clavier. Ici, aucune mise en scène: le Néerlandais de 28 ans a le geste sûr, il ne feint rien. Ce n’est pas lui qui joue sur la bande son au piano qui accompagne la vidéo, mais il s’est fait plaisir entre deux photos.

Footballeur et pianiste: le foot, c’est depuis l’âge de cinq ans; le piano c’est depuis cinq seulement, voire moins. Deux passions, celle de toujours et celle qui grandit en parallèle, depuis peu.

«Cela m’est un peu tombé dessus sans que je ne sache vraiment pourquoi, explique Schalk. En Hollande, à Breda et dans les autres clubs dans lesquels j’ai joué, il y avait souvent parmi mes coéquipiers certains qui savaient jouer du piano. En déplacement, dans les hôtels, s’il y avait un piano, ils jouaient un peu. Je trouvais ça trop bien, j’adorais, ça m’attirait, m’intéressait. Je devais avoir ça dans un coin de ma tête. Mais sans explication, dans ma famille, personne ne joue d’un instrument.»

C’est en Écosse, à Ross County, que tout prend forme. Il y a quatre ou cinq ans. D’un coup, comme une révélation. «Je marchais dans une rue, il y avait un magasin de musique, avec des instruments, raconte-t-il. J’ai poussé la porte, je suis entré et j’ai acheté un piano. Ensuite, je m’y suis mis.» Droit au but.

Restait à apprendre, il partait de zéro. «Je n’ai pas pris de cours, s’amuse-t-il. En fait, j’ai regardé des tutos, des conseils sur internet et je me suis mis au travail. Tu commences par des choses faciles, tu montes le niveau, tu t’exerces. Dans la vie, tu peux arriver à tout si tu y mets assez d’énergie et de passion.»

«Dans la vie, tu peux arriver à tout si tu y mets assez d’énergie et de passion»

Alex Schalk, joueur du Servette FC et pianiste à ses heures

Il fait donc ses gammes depuis quelques années. Il s’essaie parfois à des morceaux classiques. «Mais c’est compliqué, avoue-t-il. J’aime jouer du Ludovico Einaudi, un compositeur, de belles mélodies. Je progresse, j’aime. Le foot, c’est ma passion, mon métier, mais il n’y a pas que le foot dans la vie. Jouer du piano de temps en temps me détend, me calme, me fait du bien.»

En marge de la photo d’équipe et de cette opération du club sur les réseaux sociaux, Schalk a ainsi eu la chance de pouvoir jouer au Grand Théâtre sur un superbe piano à queue. Rien à voir avec son piano droit. Il a apprécié le moment. «Quel instrument!, dit-il, et quel son aussi. C’était magnifique. Un jour, peut-être que je m’achèterai un piano à queue. J’en rêve.»

«Quand je m’arrête de jouer, mes coéquipiers en redemandent. C’est sympa»

Alex Schalk, qui égaie les déplacements de Servette quand il y a un piano dans le hall de l’hôtel.

Pas besoin d’être un virtuose pour prendre du plaisir. Et pour en donner. «Dans les déplacements, quand il y a un piano à l’hôtel, c’est maintenant moi qui m’assieds et qui joue des morceaux. Comme «See You Again», de Fast and Furious. Au début, les coéquipiers étaient un peu surpris. Après, quand je m’arrête de jouer, ils en redemandent. C’est sympa.»

C’est comme les buts: quand il en marque un, ses coéquipiers en demandent un autre. Le football reste la priorité d’Alex Schalk. Alors avant le derby à Sion, ce dimanche, il pense davantage au ballon qu’au piano. Un match où le buteur voudra éviter toute fausse note pour qu’enfin les Grenats battent les Valaisans.