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Trop de matches en SuisseAlain Geiger: «Beaucoup de pays n’auraient jamais accepté ça»

Le coach du Servette FC fustige un calendrier démentiel, qui maltraite les corps. Avec un risque de casse qui va s’accentuer.

Avec l’enchaînement des matches, Alain Geiger redoute le poids des blessures.
Avec l’enchaînement des matches, Alain Geiger redoute le poids des blessures.
Keystone

Cette saison, Young Boys n’a toujours pas trouvé la solution pour mettre Servette en échec. «Il faut croire que mes joueurs aiment bien jouer contre YB, s’en amuse Alain Geiger. Affronter le champion représente toujours une source de motivation supplémentaire. Et puis, j’ai fait une bonne théorie!»

Si le néo-promu de la Praille a conservé son invincibilité face à YB (3 matches/5 points), ce nouveau nul, le cinquième de rang si l’on tient compte du point ramené de Bâle juste avant la suspension du championnat, l’empêche d’entretenir ses illusions européennes. Là n’est d’ailleurs pas la priorité absolue du coach servettien, davantage satisfait de la qualité du jeu présenté. En dépit de l’absence de plusieurs cadres, Servette a fait du Servette, ou tenté de le faire. «On est resté cohérent dans notre projet de jeu. Depuis la reprise, on l’a chaque fois emporté aux points. Mais il faut accepter que l’on n’a pas gagné non plus.»

Personne n’est habitué à répéter des efforts tous les trois jours

Alain Geiger

Ce qui turlupine davantage Alain Geiger, l’horripile même, c’est l’enchaînement des matches, avec déjà ces premières casses au niveau physique. Un risque de blessure élevé qui va encore s’accentuer. «Personne n’est habitué à répéter des efforts tous les trois jours. On était habitué à jouer chaque week-end, avec une récupération étalée sur 7 jours. Là, on s’aperçoit déjà que l’on est en train de perdre des joueurs. Tous ces blessés, ça fait souci…» Et le Valaisan de la Praille de pousser un salutaire bien qu’inutile coup de gueule. «Ailleurs en Europe, beaucoup de pays n’auraient jamais accepté un calendrier aussi démentiel que le nôtre, avec un enchaînement de semaines anglaises.» On achève bien les footballeurs.

Classe biberon

A la Praille, les premiers forfaits post-Covid ont permis à Servette de lancer sa classe biberon. A l’image de Nicolas Vouilloz, 19 ans, et déjà tout d’un grand. «Après quelques réglages, s’est réjoui son entraîneur, il a joué comme un routinier. C’est quand les jeunes ont la chance de jouer que l’on peut vraiment s’apercevoir de leur valeur…»

Avec les produits de son Académie et quelques certitudes supplémentaires (l’importance de Cognat), Servette se déplacera samedi à Zurich. Avec un leurre et un strapontin européen à entretenir. «Pour jouer l’Europe, il faut des contingents énormes et des budgets en conséquence… Cela ne signifie pas pour autant que l’on n’est pas ambitieux.»