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Médias en Afghanistan
Les talibans veulent interdire les images d’êtres vivants

(FILES) A member of Taliban security force keeps a vigil during an event organised to mark the 'World Press Freedom Day' at the office of the Afghan Independent Journalists Association (AIJA) in Kabul on May 3, 2023. Afghanistan's Taliban morality ministry pledged on October 14, 2024 to implement a law banning news media from publishing images of all living things, with journalists told the rule will be gradually enforced. (Photo by Wakil KOHSAR / AFP)
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Le gouvernement taliban d’Afghanistan s’est engagé lundi à interdire aux médias de publier des images d’êtres vivants, ajoutant que les journalistes de plusieurs provinces avaient été avertis de l’application progressive de cette mesure.

«La loi s’applique dans tout l’Afghanistan (...) et elle sera mise en oeuvre progressivement», a déclaré à l’AFP Saiful Islam Khyber, porte-parole du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice (PVPV), arguant que les images d’êtres vivants enfreignaient la loi islamique.

Les autorités talibanes ont promulgué durant l’été une loi de 35 articles pour «promouvoir la vertu et prévenir le vice» parmi la population, en conformité avec la charia (loi islamique) qu’elles imposent depuis leur retour au pouvoir à Kaboul en 2021.

«La coercition n’a pas sa place dans l’application de la loi», a déclaré le PVPV. «Il s’agit seulement de donner des conseils et de convaincre les gens que ces choses sont vraiment contraires à la charia et qu’elles doivent être évitées».

Le texte contient plusieurs mesures ciblant les médias d’information, notamment l’interdiction de publier des images d’êtres vivants, ainsi que «des contenus hostiles à la charia et à la religion» ou qui «humilient les musulmans».

«Prendre des photos de loin»

Plusieurs aspects de ce texte n’ont toutefois pas encore été appliqués de manière stricte et les autorités talibanes continuent de publier régulièrement des photographies de personnes sur les réseaux sociaux.

«Des efforts sont en cours dans de nombreuses provinces pour mettre en oeuvre les articles de la loi relatifs aux médias, mais cela n’a pas commencé dans toutes les provinces», a déclaré M. Khyber. Il a ajouté que «le travail a commencé» dans le bastion taliban de Kandahar (sud), et dans les provinces de Helmand (sud-ouest) et de Takhar (nord-est).

Avant l’annonce récente de la loi, les talibans de Kandahar n’avaient déjà pas le droit de filmer ou photographier des êtres vivants, mais cette règle ne concernait pas les médias d’information. «Désormais, elle s’applique à tout le monde», a dit M. Khyber.

Des journalistes à Kandahar ont déclaré à l’AFP lundi qu’ils n’avaient reçu aucun communiqué du ministère et qu’ils n’avaient pas, pour le moment, été arrêtés par la police des moeurs pour avoir pris des photos ou des vidéos.

Dimanche, dans la province de Ghazni, au centre du pays, des responsables du PVPV ont convoqué des journalistes locaux et leur ont annoncé que la police des moeurs commencerait à appliquer progressivement la loi.

Ils ont conseillé aux journalistes reporters d’images de prendre des photos de plus loin et de moins filmer afin de «s’habituer», a déclaré à l’AFP un journaliste, qui n’a pas souhaité donner son nom par crainte de représailles.

Lors d’une réunion similaire, les journalistes de la province du Wardak (centre) ont également été informés que cette règle serait mise en oeuvre graduellement.

Par le passé aussi

Les images d’êtres vivants étaient interdites à travers le pays lorsqu’il était dirigé par un gouvernement taliban entre 1996 et 2001, mais un décret similaire n’avait pas encore été imposé à grande échelle depuis leur retour au pouvoir en 2021, après deux décennies d’insurrection.

Depuis cette date néanmoins, des fonctionnaires ont sporadiquement forcé des commerçants à suivre une certaine censure, comme barrer les visages d’hommes et de femmes sur des publicités, recouvrir les têtes de mannequins de vitrines de sacs plastique, ou encore cacher les yeux de poissons représentés sur des menus de restaurants.

Au retour des talibans, l’Afghanistan comptait 8400 salariés dans les médias dont 1700 femmes. Il n’en reste que 5100 dont 560 femmes, selon des sources au sein de la profession.

Des dizaines de médias ont été fermés et l’Afghanistan est passé en trois ans du 122e au 178e rang sur 180 au classement de l’ONG Reporters sans Frontières (RSF) pour la liberté de la presse.

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