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L’invité de la rédactionAcropole: un beau geste britannique?

Le 20 juin 2020 a marqué le 11e anniversaire du magnifique Musée de l’Acropole, qui vient de rouvrir ses portes après une trop longue période de fermeture due au coronavirus. La crise sanitaire et économique a été à deux doigts de voir l’Europe faillir, alors qu’un deuxième virus, tout aussi contagieux, corrode nos démocraties et les valeurs sur lesquelles se fonde notre Union européenne. À l’heure où l’unité et la solidarité des Européens sont mises à rude épreuve, il est impératif de restaurer l’intégrité du Parthénon, symbole majeur et unique de la démocratie et de l’héritage culturel européen, en réunifiant l’ensemble des Marbres existant à Athènes.

Personnellement, j’ai deux grands rêves: l’Europe unie et la réunion des Marbres du Parthénon. En fait, il s’agit de la même vision et d’une cause commune! Le Parthénon devrait être proclamé un symbole de l’UE car c’est une revendication européenne et pas seulement grecque, comme ce fut le cas sous l’impulsion de la ministre de la Culture Melina Mercouri. D’ailleurs, en haut de l’Acropole, il manque le drapeau européen à côté de celui de la République hellénique.

Des arguments en faveur du maintien des Marbres au British Museum s’effacent au premier examen. Le Musée de l’Acropole dispose à titre d’exemple des techniques de conservation les plus avancées, contrairement au British Museum, qui entre 1937 et 1938 a endommagé les Marbres lors d’un nettoyage avec des brosses métalliques et des produits abrasifs. Le visiteur au Musée de l’Acropole, dont les grandes baies vitrées laissent la lumière de l’Attique se diffuser à l’intérieur du Musée afin que les sculptures soient éclairées de la même manière que l’est le Parthénon, est frappé par la beauté des Marbres. Quel contraste avec l’atmosphère de la Galerie Duveen au British Museum où ces sculptures hors pair sont enfermées dans une salle obscure, sans lumière du jour, et exposées trop près des visiteurs! […]

En vérité, en s’appropriant la moitié des Marbres du Parthénon, sans permis valable et sans égard pour l’intégrité d’un monument et des œuvres d’art emblématiques, Lord Elgin a commis l’un des actes de pillage et de vandalisme culturel des plus honteux de toute l’histoire.

À l’heure où partout dans le monde on se soulève contre le racisme et les inégalités, quelle meilleure façon pour la Grande-Bretagne, bastion de la démocratie, de montrer qu’elle a rompu avec la tradition de son passé colonial que de retourner les Marbres à Athènes?

Elle a décidé de quitter l’Union européenne, mais elle défend les mêmes valeurs fondamentales qui sous-tendent notre mode de vie européen. L’actuel premier ministre britannique, ancien étudiant en lettres classiques et philhellène ardent, est prédestiné à accomplir un geste noble envers la Grèce.

Compte tenu des arguments éthiques, culturels et esthétiques en faveur de la restitution des Marbres du Parthénon à Athènes, je suis convaincu que les Britanniques agiront honorablement afin de protéger notre patrimoine culturel européen.