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Récit de concertÀ Puplinge, la musique classique se déploie en toute insouciance

La 11e édition du festival genevois bat son plein. Et samedi, Beethoven est passé par là.

Le violoncelliste François Guye, un des invités du concert de samedi.
Le violoncelliste François Guye, un des invités du concert de samedi.
MAGALI GIRARDIN

Parmi les rares événements genevois pouvant se déployer cet été en arborant fièrement l’étiquette «festival», il y a lui, le Puplinge Classique. Ici, la crise sanitaire qui a fait tant de ravages dans le domaine culturel a certes frôlé les esprits des organisateurs, en générant quelques sueurs froides, mais elle a fini par s’évanouir, ou presque. François-Xavier Poizat, qui a fondé l’événement il y a dix ans et le dirige depuis, se souvient des plans B conçus au plus chaud de la pandémie en question. «Pendant un certain temps, on s’est dit qu’on allait procéder avec une version entièrement digitale des concerts, qui auraient été alors filmés et diffusés sur le Net. Les annonces du Conseil fédéral du 23 mai autorisant les rassemblements jusqu’à trois cents personnes nous ont permis de garder le plan initial.» Quelques modifications ont été néanmoins apportées à l’affiche: tel pianiste américain, tel quatuor canadien, ou encore tel autre orchestre sud-coréen ont dû être biffés de l’affiche.

Celle-ci garde pourtant très fière allure, en célébrant les artistes de la région, mais pas uniquement. Quant aux mesures restrictives destinées au public, elles sont certes présentes, mais avec une discrétion qui peut parfois étonner. À l’intérieur de l’église qui accueille les concerts, par exemple, on était proches samedi soir des sold out qu’ont connu les lieux en d’autres temps. La distanciation sociale est ainsi pratiquée avec modération. «Dès lundi, il est à peu près certain que le port du masque sera obligatoire pour ce genre d’événements, note le directeur, et cela rassurera tout le monde, les équipes du festival et les spectateurs.»

Sur le front artistique, cette onzième édition est placée sous la thématique du jumelage, ce qui n’exclut pas pour autant des hors-piste. Celui de samedi, par exemple, plaçait au cœur de l’église du village la figure de Beethoven, dont on fête en 2020 le 250e anniversaire de sa naissance. Et pour honorer le «grand sourd», on a savouré trois pièces emblématiques, introduites avec des notes explicatives sobres et éclairantes par le pianiste Christian Chamorel. La célèbre «Sonate à Kreutzer» tout d’abord, en compagnie du pianiste et du violoniste Andrey Baranov, a mis en relief outre la belle entente entre les deux musiciens, les réverbérations excessives de la salle et quelques scories dans les intonations du violon au «Presto» final. On a trouvé bien plus abouties et habités la «Sonate pour piano et violoncelle N° 4» avec François Guye à l’archet, et le «Trio des esprits» final. Une ovation a accompagné la sortie des trois complices. D’autres viendront peut-être, le festival s’étirant jusqu’au 22 août prochain.

Festival Puplinge Classique, jusqu’au 22 août. Rens. www.puplinge-classique.ch