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FranceÀ Nantes, le bénévole suspecté passe aux aveux

Déjà interrogé au lendemain de l’incendie de la cathédrale, le bénévole rwandais du diocèse a reconnu en être l’auteur. Il a été écroué.

Samedi 18 juillet 2020: les pompiers interviennent pour éteindre l’incendie de la cathédrale de Nantes.
Samedi 18 juillet 2020: les pompiers interviennent pour éteindre l’incendie de la cathédrale de Nantes.
Keystone

L’homme avait été placé en garde à vue au lendemain de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale de Nantes, le samedi 18 juillet, puis avait été relâché le jour même. À nouveau interrogé depuis le samedi 24 juillet, ce bénévole du diocèse a reconnu être l’auteur de l’incendie. Placé en détention provisoire, il risque une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans et 150’000 euros d’amende.

Chargé de fermer la cathédrale la veille de l’incendie, le bénévole a reconnu avoir allumé trois feux, sur le grand orgue, le petit orgue et un panneau électrique. Âgé de 39 ans, l’incendiaire est un réfugié de nationalité rwandaise qui travaillait depuis «quatre ou cinq ans» pour le diocèse de Nantes, selon le recteur de la cathédrale Hubert Champenois. Le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a déclaré au quotidien «Ouest-France» qu’il «faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire national délivrée en novembre 2019». Le quotidien précise qu’il avait épuisé toutes les voies de recours, y compris «le statut d’étranger malade qu’il avait tenté d’obtenir». Au sein du diocèse, le bénévole a été décrit comme un homme «bienveillant». Il n’a aucun antécédent judiciaire.

«Apeuré» et «dépassé»

Son avocat, Me Quentin Chabert, s’est exprimé dimanche 26 juillet devant la presse. Il a déclaré que son client «a coopéré» en passant aux aveux dans la nuit de samedi à dimanche. Il l’a décrit comme «quelqu’un qui est apeuré»: «Il regrette amèrement les faits et évoquer cela a été pour lui une libération. Il est aujourd’hui rongé par le remords et dépassé par l’ampleur qu’ont prise les événements.» Me Quentin Chabert n’a toutefois rien dit des motivations de son client. De son côté, le procureur de la République a déclaré à l’AFP que le mis en cause «ne s’est pas étendu en détail sur ses motivations» et qu’une «expertise psychiatrique sera ordonnée».

Survenu quinze mois après l’incendie de Notre-Dame de Paris, celui de la cathédrale de Nantes a suscité une vive émotion dans la ville et la région, mais aussi bien au-delà.