Passer au contenu principal

ChroniqueÀ l’ONU, le degré zéro de la diplomatie

Washington, 1995. À peine débarqué comme correspondant de ce journal, j’ai été dépêché à New York. 50e anniversaire des Nations Unies. Pour un temps, Big Apple devenait véritablement le centre de gravité du monde. Du réel, rien de virtuel. La mégalopole colonisée par les chefs d’État venus de toute la planète en cette fin de septembre respirait la toute-puissance. La Suisse ambitionnant alors une participation de plein droit à l’Organisation mondiale se démultipliait pour exister et réaliser son espoir. De leur côté, les journaux multipliaient les suppléments touffus, blindés de publicité. Une effervescence sans pareil avec l’atmosphère de cette semaine. Le Covid-19 a aussi passé par là.

Sur le fond pourtant, les similitudes sont aussi frappantes qu’inquiétantes. Le monde se portait mal après l’euphorie de la chute du mur six ans plus tôt. Guerre sans fin en Afghanistan, guerre en Bosnie-Herzégovine, génocide au Rwanda… L’ONU est prise en flagrant délit d’impuissance. Elle doit être urgemment et fondamentalement réformée. Réplique connue: l’ONU n’est que le produit de la volonté des États membres. Responsable mais absoute.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.