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L’éditorialÀ l’exception des Français frontaliers

Genève a eu gain de cause: il n’y aura pas de quarantaine pour les frontaliers. Ils sont en effet plus de 80’000 dans le canton, dont 2300 infirmiers, indispensables au bon fonctionnement de l’économie et du système de santé genevois. Berne a repoussé l’échéance au maximum. Mais l’augmentation des cas en France nécessitait d’agir.

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Vendredi, le Conseil fédéral a donc choisi de ne pas placer l’entier de l’Hexagone en liste rouge. Bien que le chiffre tricolore de 56 s’approche des 60 cas déclarés de Covid sur 100’000 habitants, le niveau retenu en Suisse pour placer un pays en liste rouge.

En spécifiant les régions françaises concernées par la règle de quarantaine de dix jours s’appliquant aux personnes revenant d’un pays à risque, Berne ménage la chèvre et le chou. Le conseiller d’État Mauro Poggia, qui aura martelé la spécificité genevoise, peut s’en féliciter.

Pour l’heure, le département voisin de l’Ain est classé par la France en «vulnérabilité élevée», car il dépasse le seuil de sa liste rouge (50 nouveaux cas pour 100’000), flirtant même avec le seuil des 60 cas en Suisse. Les autres départements limitrophes de Savoie et Haute-Savoie sont, eux, classés en vigilance modérée.

Si la situation devait se dégrader dans cette France voisine, l’exception des frontaliers devrait demeurer, au risque d’un manque de cohérence et de lisibilité des mesures sanitaires. Paradoxe: un Genevois revenant d’Île-de-France ou de Provence serait, lui, concerné par la quarantaine.

Quoi qu’il en soit, personne ne veut reproduire les conditions d’un repli économique qu’un semi-confinement et d’autres mesures de fermeture ont généré au printemps et cet été. Il en va donc de la responsabilité de chacun car il paraît difficile de contrôler qui revient de quelle région à notre frontière.