Musique à GenèveÀ la Cathédrale, l’orgue et ses complices célèbrent Frank Martin
Le compositeur genevois est au cœur d’un hommage qui croise grands tuyaux, voix et flûte.

C’est un hommage prolongé, flanqué d’une étiquette aux élans homériques. L’«Odyssée Frank Martin», nom de la manifestation, se propose d’honorer une année durant le compositeur genevois, dont on célèbre en 2024 le 50e anniversaire de la disparition. Conçue et pilotée par le chef d’orchestre Thierry Fischer – lui aussi Genevois – l’opération est ambitieuse: elle se conjugue à travers des projets musicaux hétéroclites et elle s’empare de plusieurs lieux marquants de la ville. Des salles de concert et jusqu’à la Cathédrale Saint-Pierre. Ici, en collaboration avec le Festival d’automne, l’odyssée présente une proposition alléchante.
Avec Bach et nos contemporains
Elle aura comme alliés la magnificence du grand orgue qui domine la nef centrale, avec son titulaire Vincent Thévenaz, le souffle plus discret de la flûte traversière de Sébastien Jacot – flûte solo au prestigieux Philharmonique de Berlin – et la voix de la talentueuse mezzo-soprano Léonie Cachelin. «Depuis un certain temps déjà, j’avais l’intention de programmer à la Cathédrale des œuvres pour orgue de Frank Martin, révèle Vincent Thévenaz. Un jour, j’ai découvert le projet de Thierry Fischer, nous nous sommes parlé et nous avons concrétisé cette envie. Il faut savoir que Frank Martin a étudié mon instrument durant quelques années au Conservatoire et que ses quelques pièces consacrées à l’orgue montrent qu’il en avait une excellente connaissance.»
Une partie importante de ce répertoire, somme toute restreint, retrouvera la lumière à cette occasion. Ce sera le cas de la «Sonata da chiesa», écrite à l’origine pour orgue et viole d’amour, arrangée par la suite dans des versions pour orchestre à cordes, puis pour flûte. La «Passacaille» pour orgue seul, écrite en 1944, tout comme l’«Agnus Dei» (tiré de la «Messe pour double chœur») sont aussi à l’affiche. Un autre «Agnus Dei», celui du «Requiem», ferme cette immersion chez le compositeur.
De Ligeti à Ferneyhough
C’est de manière tout à fait naturelle que, en voulant enrichir le programme du concert, Vincent Thévenat et Thierry Fischer se sont tournés vers la figure de Johann Sebastian Bach, qui a profondément marqué le parcours de Frank Martin. Trois «Cantate» font ainsi écho aux autres ouvrages: «Betörte Welt, BWV 94,4», «Jesu, der aus grosser Liebe, BWV 165,3» et «Wer Gott bekennt aus wahrem Herzengrund, BWV 45,5». Auxquelles s’ajoute l’«Agnus Dei» de la célèbre «Messe en si» et la «Sonate pour flûte et orgue en mi mineur, BWV 1034».
Une touche de musique contemporaine complète ce voyage. Elle sera apportée par «Coulé, étude pour orgue Nr. 2» de György Ligeti, pièce au langage et aux structures accessibles par le grand public. Et enfin «Cassandra Dream Song» pour flûte solo, du Britannique Brian Ferneyhough. «Comme d’autres pièces du compositeur, elle compte de très nombreuses annotations, extrêmement détaillées, note l’organiste. Mais dans son exécution fluide, elle donne un rendu proche de l’improvisation. Sébastien Jacot est familier de cet ouvrage et il l’a spécialement choisi pour ce concert.»
Hommage à Frank Martin, Cathédrale Saint-Pierre, jeu 26 sept. à 20 h. Rens. www.concert-cathedrale.ch
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