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ÉcologieÀ Genève, Infomaniak va construire le data center le plus vert

Champion des économies d’énergie, l’hébergeur genevois envisage de récupérer la chaleur des serveurs pour chauffer tout un quartier. Une initiative trop rare dans le domaine informatique.

Boris Siegenthaler, cofondateur de l’entreprise genevoise Infomaniak, dans le data center actuellement en service depuis 2014.
Boris Siegenthaler, cofondateur de l’entreprise genevoise Infomaniak, dans le data center actuellement en service depuis 2014.
Franck Mentha

Pas de climatiseur pour refroidir les serveurs, mais l’utilisation de l’air ambiant. En matière d’économie d’énergie, Infomaniak fait déjà très fort. La société genevoise, hébergeur de données, vedette dans le domaine de l’écologie, entend même aller plus loin: son prochain data center sera doté d’une pompe à chaleur, de sorte que les degrés superlatifs induits par l’armada de calculateurs soient récupérés pour chauffer un quartier d’une vingtaine d’immeubles via le réseau de chauffage à distance genevois. Le projet se fera en partenariat avec les SIG, à La Chapelle-Les Sciers. Le chantier devrait s’achever d’ici à la fin 2023, ainsi que nous l’explique Boris Siegenthaler, responsable du développement de l’entreprise.

«Pourquoi tous les data centers ne font pas d’efforts en matière d’économie d’énergie? Parce que ça coûte beaucoup plus cher et que les contraintes sont nombreuses.»

Boris Siegenthaler, cofondateur de l’entreprise genevoise Infomaniak

«Pourquoi tous les data centers ne font pas d’efforts en matière d’économie d’énergie? Parce que ça coûte beaucoup plus cher et que les contraintes sont plus nombreuses. Pour construire le data center actuellement en service, nous avons dépensé 6 millions de francs. Le suivant en vaudra le double, en raison principalement de la pompe à chaleur.»

En attendant le data center le plus vert qui soit, Infomaniak a de quoi être satisfait: le centre actuellement en service, depuis 2014, ventile les serveurs sans recourir au froid artificiel. Boris Siegenthaler de résumer: «Pour 100 watts de serveur, il en faut habituellement 80 pour la climatisation, l’éclairage, ainsi que d’autres éléments nécessaires à l’infrastructure. Cela, c’est la moyenne européenne. 80 watts de perdus! Parce que tous les data centers ne fonctionnent pas à plein. Et parce que nombre d’entre eux préfèrent produire du froid artificiellement.» En comparaison, Infomaniak utilise 10 watts seulement pour maintenir les machines en état de marche. «Et quand le nouveau data center sera opérationnel, les 100 watts consommés pour chaque serveur serviront également à chauffer l’eau des baignoires!»

12 commentaires
    Penser autrement

    Bravo et merci.