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Encre bleueA cheval sur la frontière

©Pierre Albouy/Tribune de Genève
©Pierre Albouy/Tribune de Genève

La fermeture rigide des douanes a fait des dégâts à tous les niveaux, je ne vais pas en faire la liste ici, ce serait trop long. Mais il serait bon, un jour, de connaître le nombre d’amendes infligées aux membres de ces nombreuses familles bloquées de part et d’autre d’une barrière infranchissable, et qui ont bravé l’interdit pour se retrouver.

Je pense spécialement aux parents séparés qui ont la garde alternée de leurs enfants. En temps normal, en vivant dans le même quartier, c’est déjà compliqué. Alors je ne vous dis pas quand c’est sur deux pays en temps de pandémie: un vrai casse-tête. Ou à se taper la tête contre les murs, selon les jours. Ainsi Christophe, qui vit dans le canton, et dont les deux jeunes enfants scolarisés à Genève habitent souvent avec leur maman à deux pas de la douane de La Plaine. Côté français, donc.


Depuis le début de la crise, les parents ont pris l’habitude de faire des kilomètres et des kilomètres de détour, munis des papiers ad hoc, pour que leurs enfants passent de l’un à l’autre à un poste frontière ouvert.
Mais en ce dimanche 17 mai, le papa a juste envie d’emmener son fils faire une marche dans le Jura suisse. Rendez-vous est fixé au plus près, à la douane de La Plaine, fermée par de gros blocs de béton, mais où reste un petit passage permettant de traverser à pied. Ce que maman et fiston font, pour aller à la rencontre de Christophe.


C’est alors que deux douaniers sortis de nulle part déboulent sur cette scène de flagrant délit. Ils demandent les pièces d’identité, font la morale puis punissent. Pas avec un carton jaune. Ils sortent tout de suite le carton rouge.

Notez que les gabelous leur ont fait une fleur: ils n’ont pas taxé 100 francs par personne et ont soldé à deux pour le prix d’un! Mais gare à la récidive, ont-ils dit pour leur faire peur. Combien de familles ont vécu pareille situation?