Passer au contenu principal

BelgiqueA 89 ans, elle est condamnée pour avoir tué sa meilleure amie

Une dame à l’âge respectable, légataire principale de son amie de toujours, écope de 10 ans de prison pour le meurtre de sa camarade, de 9 ans son aînée.

L’accusée Clara M., 89 ans, ici le 30 septembre 2020.
L’accusée Clara M., 89 ans, ici le 30 septembre 2020.
AFP

La justice belge a condamné vendredi une femme de 89 ans à 10 ans de prison pour le meurtre à coups de couteau de sa meilleure amie, âgée de 93 ans, qui l’avait désignée légataire de la majeure partie de sa fortune.

Clara M., 84 ans au moment des faits en 2015, a toujours nié ce meurtre, pendant l’enquête et durant le procès qui s’est tenu cette semaine à la cour d’assises d’Arlon, dans le sud francophone de la Belgique.

Reconnue coupable par un jury populaire, elle a été condamnée à 10 ans de prison, mais n’a toutefois pas été incarcérée à l’énoncé du verdict, ce vendredi en début d’après-midi.

«Son état de santé ne permet pas son incarcération dans un établissement pénitentiaire», a déclaré son avocate, Me Emilie Romain, jointe par l’AFP.

Il appartient au parquet général de Liège de faire exécuter la peine, mais «a priori il ne devrait pas y avoir d’exécution», a ajouté l’avocate. Elle a précisé que sa cliente, qui comparaissait libre, avait pu regagner sa maison de retraite.

Ce procès a attiré les projecteurs en raison du grand âge de l’accusée, se déplaçant difficilement vers le box et enfermée dans son mutisme. Elle n’a cessé de répondre «je ne me souviens pas» aux questions du président.

Le crime remonte au 3 janvier 2015. Le corps de la victime, Suzanne T., 93 ans, avait été retrouvé dans une mare de sang chez elle à Libramont en début d’après-midi par un couple d’amis.

L’enquête a montré qu’elle avait reçu dans la matinée la visite de sa vieille amie Clara, qui comme chaque jour lui proposait de lui amener son pain ou de faire sa vaisselle, selon l’agence de presse Belga.

Clara M. était la dernière personne à avoir vu en vie Suzanne T. Elle est devenue la suspecte numéro un du crime quand les enquêteurs ont relevé l’absence d’effraction chez son amie et des incohérences dans ses explications, notamment sur un changement de vêtements en cours de journée le 3 janvier.

Des traces de l’ADN de la victime ont aussi été retrouvées dans le véhicule de Clara M., qui s’était vraisemblablement tachée avec son sang, d’après l’enquête.

A l’audience devant les Assises, des témoins ont expliqué que les relations s’étaient dégradées entre les deux amies en raison du fort caractère de Clara et ses intrusions répétées dans la vie de Suzanne.

Exaspérée, «Suzanne a sûrement dit à Clara qu’elle allait changer le testament», a avancé Me Marc Kauten, un des avocats des parties civiles.

Suzanne T., veuve sans enfant, avait désigné Clara M. comme légataire de son patrimoine à hauteur de 70%, et une cousine à hauteur de 30%. L’accusée était aussi bénéficiaire d’une donation de près de 300’000 euros de la part de victime, selon un acte notarial de septembre 2014.

Les débats ont montré que Clara M., infirmière à la retraite, ne pouvait pas l’ignorer.

AFP/NXP