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Après un an de crise29 Villes se mobilisent pour la culture

La Conférence des villes en matière de culture a signé cette semaine une résolution pour favoriser la relance d’un secteur sinistré par la pandémie.

Les acteurs culturels se sont mobilisés ces derniers mois sous le slogan «No culture, no future».
Les acteurs culturels se sont mobilisés ces derniers mois sous le slogan «No culture, no future».
KEYSTONE

«Après une année de restrictions drastiques […], les villes s’inquiètent de possibles dégâts irréversibles.» Le cri de détresse des acteurs culturels a été entendu par les Communes suisses. Les 29 élus membres de la Conférence des villes en matière culturelle (CVC) ont signé cette semaine une résolution «en faveur d’une reprise durable de l’activité culturelle». Une action forte, dans un contexte marqué par des revendications résonnant de plus en plus fort. Jeudi encore, les scènes musicales romandes dressaient un bilan «catastrophique» (2000 manifestations ont été annulées et 1,6 million de billets perdus). La semaine dernière, notre enquête consacrée aux arts scéniques révélait à quel point le milieu craint pour son avenir (voir nos éditions du 5 et du 12 mars). Rappelons aussi que le sondage réalisé par la Task Force Culture Romande, auprès des professionnels romands de la scène et de l’audiovisuel, a dévoilé que 43% des professionnels songent à changer de métier en raison de leurs difficultés financières.

Budgets maintenus

Inscrite dans le sillage des revendications des institutions et acteurs culturels, la résolution du CVC se décline en trois volets. Les 29 villes (dont Lausanne, Genève, Meyrin, Morges, Nyon, Renens, Vevey et Yverdon) s’engagent à maintenir les budgets après la pandémie, à garantir intégralement les subventions octroyées pour l’année 2021 (même pour les projets annulés) et à défendre les investissements dans la culture afin, notamment, de «préserver le savoir-faire local et de pérenniser les institutions culturelles».

«Le développement durable du secteur culturel après la pandémie dépend de la présence de toutes les parties concernées à la table de discussion.»

Les signataires de la résolution de la CVC

Porteuses d’un signal fort, ces décisions s’accompagnent de revendications tout aussi puissantes. Rappelant que «les villes et communes suisses contribuent pour plus de moitié à l’encouragement public de la culture», les 29 signataires demandent à être davantage consultées et intégrées dans les échanges politiques: «Le développement durable du secteur culturel après la pandémie dépend de manière déterminante de la présence de toutes les parties concernées à la table de discussion» martèlent-elles. Avant de dresser la liste de quatre revendications urgentes: indemniser les pertes financières à 100% (contre 80% actuellement), prolonger les mesures de soutien au-delà de 2021, mettre en place une pratique différenciée pour les futures mesures (jauge selon la taille de la salle, par exemple) et consulter les Communes lors du financement des projets de transformation.

4 commentaires
    Gilles Hieron

    Extrait de l'état (Journal des Débats, n° du 25 septembre 1848) par Frédéric Bastiat:

    "Comme il est certain, d’un côté, que nous adressons tous à l’État quelque requête semblable, et que, d’une autre part, il est avéré que l’État ne peut procurer satisfaction aux uns sans ajouter au travail des autres, en attendant une autre définition de l’État, je me crois autorisé à donner ici la mienne. Qui sait si elle ne remportera pas le prix ?

    La voici :

    L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

    Car, aujourd’hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d’autrui. Ce sentiment, on n’ose l’afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on ? On imagine un intermédiaire, on s’adresse à l’État, et chaque classe tour à tour vient lui dire : "Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons". "

    On s'y croirait.