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Atelier peinture
Dix sources d’inspiration pour dessiner l’automne

In this undated photo released by Yayoi Kusama Studio Inc., photo, Japanese artist Yayoi Kusama sits by her 1998 Pumpkin, a collection of Iwami Art Museum, Shimane, Japan, in an installation at Matsumoto City Museum of Art in Matsumoto, central Japan. Kusama's signature splash of dots has now arrived in the realm of fashion in a new collection from French luxury brand Louis Vuitton - bags, sunglasses, shoes and coats. The latest Kusama collection is showcased at its boutiques around the world, including New York, Paris, Tokyo and Singapore, sometimes with replica dolls of Kusama. (AP Photo/Yayoi Kusama Studio Inc.) NO SALES, EDITORIAL USE ONLY, CREDIT MANDATORY
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En bref:
  • L’automne inspire de nombreux artistes à travers des œuvres emblématiques.
  • Les saisons sont représentées avec des fruits et légumes chez Arcimboldo.
  • Le jeune Van Gogh s’est laissé séduire par les lumières de l’automne.
  • L’Américaine Georgia O’Keeffe a zoomé sur les feuilles mortes.

Les couleurs, on les connaît! Mais pour saisir ce tempérament propre à l’automne dont Toulouse-Lautrec disait qu’il est «le printemps de l’hiver» et que Jacques Chessex voyait comme «le post-scriptum du soleil», les pros conseillent d’en choisir une, dominante. Après, entre la contemplation et la métaphore, la personnification et l’abstraction, tout est permis, comme quoi l’automne ne manque pas de ressources artistiques. La preuve en dix œuvres marquantes de l’histoire de l’art.

1573: des fruits et des légumes avec Giuseppe Arcimboldo

«L’automne» d’Arcimboldo (1575) fait partie de la série des saisons.

Cadeau! C’est sous cette forme que les saisons – dont «L’automne» – sont arrivées chez le protestant Auguste de Saxe, «probablement commandées par le catholique Maximilien II de Habsbourg pour souligner leur bonne entente», indique le Musée du Louvre, désormais propriétaire de cette série de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593), à la fois portrait d’un homme qui traverse la vie et excellent mémo sur les fruits et légumes de saison.

1873: des effets d’automne avec Claude Monet

Autumn Effect at Argenteuil, 1873. Found in the Collection of Courtauld Institute of Art, London. Artist Monet, Claude (1840-1926). (Photo by Fine Art Images/Heritage Images via Getty Images)

Riches en atmosphères diffuses, les saisons n’ont pas eu à se jalouser dans le regard des impressionnistes! Ainsi, l’automne revient à plusieurs reprises dans l’œuvre de Claude Monet (1840-1926) comme dans cet «Effet d’automne à Argenteuil». Il habite alors la petite ville, porté par son cadre, sa nature et y développe son style dans une période très productive de sa vie. Dans cette toile, l’automne est vif, lumineux. Il ne joue pas sur les contrastes mais opte pour l’éblouissement grâce à un foisonnement de sensations de couleurs.

1884: des peupliers dans la perspective de Van Gogh

Van Gogh n’a pas encore été happé par la lumière du sud lorsqu’il peint cette toile.

Van Gogh (1853-1890) a 31 ans lorsqu’il peint à Nuenen, Pays-Bas, «L’allée de peupliers en automne», encore en jeune artiste lancé à la conquête de la «vraie peinture». Dans la foulée, il écrit à son frère Théo: «C’est une assez grande étude […], la lumière déclinant et, çà et là, les points étincelants des feuilles tombées sur le sol, qui contrastent avec les ombres des arbres élancés. Au bout de l’allée se trouve un petit chalet, par-delà lequel on aperçoit le ciel bleu à travers les feuilles d’automne.»

1892: un soir symbolique avec Ferdinand Hodler

Ferdinand Hodler, Soir d’automne, 1892, huile et tempera sur toile, 100 x 130 cm. ©Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel – photo : Stefano Iori

Les feuilles au sol, les arbres décharnés, une lumière douce… aucun doute possible: Ferdinand Hodler (1853-1918) peint le «Soir d’automne». Un peu à son habitude, il le fait exister en plusieurs versions avec – ou pas – la présence d’une silhouette féminine qui chemine, de dos, sur une allée infinie. Sensible au symbolisme, le peintre bernois figure une campagne en même temps que le temps qui passe et la vie qui s’écoule, filant vers l’inconnu. Plus qu’un paysage, c’est un état d’âme.

1908: un automne en Bavière avec Vassily Kandinsky

«Automne en Bavière» (1908), une huile sur papier collé de Vassily Kandinsky.

On pourrait compter les couleurs dans cet «Automne en Bavière» de Vassily Kandinsky (1866-1954) qui viennent vibrer à la surface. Souveraines. Énergiques. Dans les paysages de l’artiste russe que les révolutions et les guerres ont envoyé sur les routes de l’Europe, on peut toujours compter ces éclats qui donnent corps à l’œuvre et la font vivre. D’abord figurative avant de devenir de plus en plus abstraite. C’est d’ailleurs à travers le potentiel spirituel de la couleur que Kandinsky va s’imposer comme l’un des pionniers de l’abstraction.

1909: des feuilles mortes avec Ernest Biéler

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Combien de récits cette «Ramasseuse de feuilles mortes» amasse-t-elle dans son drap? Qui sait? Elle œuvre, courbée, on distingue à peine son visage. À qui, à quoi pense-t-elle? De toute évidence, ce n’est pas sa vie que peint Ernest Biéler (1863-1948) mais une allégorie des travaux dans un village valaisan. L’automne vient lui donner une couleur, une atmosphère et une temporalité. Alors que les rythmes de l’œuvre, ces courbes, ces ondulations, évoquent l’harmonie entre les êtres et la nature.

1924: un tapis de feuilles avec Georgia O’Keeffe

«Automne» de Georgia O’Keeffe, un parmi la trentaine de tableaux réalisés sur ce sujet par l’Américaine.

C’était sa saison préférée lorsqu’elle était dans le massif des Adirondacks, au nord de l’État de New York. C’est là, au bord du lac George, que Georgia O’Keeffe (1887-1986) collectait les feuilles mortes, ses modèles si vivants, dans près d’une trentaine de tableaux. Quand elle zoome sur ces feuilles de chêne, quand elle en magnifie les détails, quand elle combine les tons ardents et dorés, c’est aussi une géographie intérieure que l’artiste dessine par association de formes et d’idées.

1946: des citrouilles avec Yayoi Kusama

"Starry Pumpkin" by Japanese artist Yayoi Kusama is displayed in her museum during the press preview in Tokyo on September 27, 2017. The Yayoi Kusama Museum will open to the public in Tokyo from October 1, 2017. (Photo by Toshifumi KITAMURA / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY MENTION OF THE ARTIST UPON PUBLICATION - TO ILLUSTRATE THE EVENT AS SPECIFIED IN THE CAPTION

Avec Yayoi Kusama, la Japonaise de 95 ans, on en voit de toutes les couleurs! Mais pour la forme, c’est surtout la citrouille qui essaime dans son univers constellé de pois. Il suffit de penser à la reine de toutes, trônant à Naoshima depuis 1994 jusqu’à ce qu’un typhon ne vienne la souffler. Et la briser. Restaurée, la star la plus photographiée de l’île dédiée à l’art contemporain est de retour sur son ponton alors que Yayoi Kusama poursuit sa monoculture de citrouilles, ces formes si «généreuses dans leur absence de prétention» et si «solides dans leur équilibre spirituel» qui la ramènent à son enfance dans les champs de son grand-père.

1965: une symphonie avec Sonia Delaunay

L’«Automne» de Sonia Delaunay dans une lithographie de 1965.

Sonia Delaunay (1885-1979) est une chercheuse, une pionnière. Une artiste entrée en art sans vouloir compartimenter les disciplines et encore moins les formes ou les couleurs. Peintre, créatrice textile, décoratrice, styliste, elle n’a cessé de passer d’une modernité à une autre en brassant toutes ces énergies. L’«Automne» en est une parmi d’autres, une dynamique, une éclatante mécanique éclat, une symphonie très personnelle.

2024: les indices colorés de Nicolas Party

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Enfant de Villette, Nicolas Party, l’un des artistes suisses les plus en vue de la scène contemporaine internationale, porte en lui l’omniprésence de ces vues, de ces vignobles et de leurs couleurs que les saisons transcendent. À 44 ans, l’ancien graffeur devenu pastelliste a dépassé cette inspiration pour faire éclore dans l’espace d’autres paysages, plus énigmatiques, plus fantasmagoriques. Il suspend le temps, libère l’imaginaire, laissant parfois les couleurs jouer leur rôle d’indices du réel.