La voiture solaire Icare prend le bateau
TOUR DU MONDE | Bloquée pendant un mois dans le port de Casablanca au Maroc, la voiture vogue vers New York. La deuxième étape du périple mènera Marc Muller jusqu’à San Francisco.
ISABELLE BIOLLEY | 30.07.2010 | 17:54
Le tour du monde en voiture solaire a pris un mois de retard. La faute aux tracasseries douanières rencontrées à Casablanca au Maroc. Il a fallu pas mois d’un mois et trois voyages en Suisse à Marc Muller pour obtenir les papiers, tamponnés par les bons organes, exigés par le transporteur maritime à l’intention des douanes américaines. Icare vogue maintenant sur l’Atlantique à destination de New York.
«On manquait d’expérience, concède aujourd’hui Marc Muller qui ne perd cependant pas son optimisme. Pour passer les douanes et tout organiser avec la police, cela prend du temps. Il faut quatre jours de préparation pour un jour de voyage.» Au-delà de la paperasserie, pendant la première étape entre Yverdon et Casablanca, l’enthousiasme des Marocains pour leur folle aventure a aussi pas mal retardé le voyage. «Le grand problème avec les policiers, explique amusé Marc Muller, c’est qu’ils prennent le droit de nous arrêter pour se faire expliquer comment fonctionne la voiture, et se faire prendre en photo devant elle. Sachant qu’il y a un policier à chaque giratoire en ville, on était arrêté tous les 200 m. Il fallait 3 à 4 heures pour traverser une ville.»
Un mois de retard, c’est surtout un mois d’ensoleillement et donc d’énergie solaire perdus. Du coup, Marc Muller a revu l’itinéraire de la deuxième étape. Il partira le 8 août de New York pour Boston, Détroit, Chicago, St-Louis, Dallas, Phoenix et San Francisco, début octobre.
Et pour rattraper un peu le temps perdu, la voiture solaire, en plus de l’éolienne dépliée la nuit, sera aussi dotée d’un générateur électrique au bioéthanol, conçu par la HEIG et Honda. Le châssis de la voiture est revu en ce moment par Bobst, l’un des partenaires de l’expédition, pour installer cette nouvelle batterie.
Et pour aller au bout de sa démarche, l’équipe d’Icare, dans ses reportages postés sur son site, s’intéressera dorénavant aux biocarburants produits dans les grandes plaines américaines.
Les aventuriers solaires ont encore besoin de 50 000 fr. pour boucler le budget leur expédition (500 000 fr.).