Maladies chroniques
Les profs se demandent comment être de bons samaritains
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Progrès de la médecine aidant, les enfants atteints d'allergies, de diabète, d'insuffisance cardiaque ou d'épilepsie suivent aujourd'hui un cursus scolaire parfaitement normal. Les profs en revanche sont inquiets, sinon désemparés: même si, par chance, ils sont au courant, ils ne savent pas forcément comment agir en cas de pépin.
Près de 10% des enfants en âge de scolarité souffrent de problèmes chroniques. Si l'on considère les ados qui gèrent leur maladie sans difficulté, ce sont même 10% à 20% des jeunes qui sont concernés, précise Huguette Jodry, médecin coresponsable auprès du Service de santé de la jeunesse (SSJ) du Département de l'instruction publique, à Genève.
Crispations
Cette situation est propre à crisper le corps enseignant. L'école est sollicitée «parce que la réalité de vie aujourd’hui fait que la famille proche et le voisinage ne peuvent plus assurer un suivi complet de l'enfant, comme c'était le cas par le passé», note Olivier Duperrex, médecin responsable pour la santé scolaire du Canton de Vaud.
Au niveau intercantonal, le phénomène n'est pas encore à l'ordre du jour. Caroline Codony, chargée de communication de la Conférence intercantonale de l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin note que le sujet relève en effet plutôt de la compétence des cantons.
Parmi ceux-ci, Zurich vient de réagir. De plus en plus de professeurs s'adressent à l'instruction publique pour savoir comment devenir de bons samaritains. Certains d'entre eux ont même pris l'initiative de suivre un cours dans un hôpital.
L'exemple genevois
Cette situation a amené Silke Schmitt Oggier, coresponsable du service de médecine scolaire de la ville de Zurich, à lorgner du côté de Genève. A son avis, le «projet d'accueil individualisé» (PAI) pratiqué par la canton du bout du lac est tout simplement «exemplaire».
Le PAI genevois ne date pourtant par d'hier. Il a été introduit à titre expérimental en 2004 et adopté définitivement en 2005, rapporte Huguette Jodry. «Il permet de formaliser par écrit et de manière transparente, entre la famille, l'école et les médecins, les besoins de l'enfant en milieu scolaire et de définir les gestes d'urgences».
Les avantages sont multiples, selon Huguette Jodry. L'information est échangée de manière factuelle et transparente. Les mesures et les responsabilités de chacun sont clairement définies et formalisées dans un document.
«L'élève, ses parents autant que les enseignants sont rassurés». Ce d'autant mieux que le SSL suit le dossier et s'occupe de former les profs concernés aux gestes à accomplir pour accompagner l'enfant et lui prodiguer des premiers soins si nécessaire.
Equivalent vaudois depuis 2011
Le niveau d'information à donner aux camarades et autres élèves est aussi discuté. Une bonne information évite les rumeurs et jugements qui stigmatisent, explique en substance Huguette Jodry. «Les camarades peuvent aussi donner l'alerte le cas échéant».
Il n'y a pas que Zurich à s'intéresser au concept genevois. Le premier canton à avoir emboîté le pas est Vaud, où un système analogue est en place depuis octobre dernier.
«N'allez pas croire que rien n'était fait jusqu'alors», explique Olivier Duperrex. Par le passé, les initiatives étaient prises au niveau local.
Le nouveau formulaire à l'avantage d'unifier les procédures et de décrisper la discussion. «La méthode permet aussi d'anticiper mieux et d'assurer, par exemple, un suivi lors des sorties et camps scolaires», souligne le médecin vaudois.
Mettre les choses par écrit facilite le but ultime «qui est de permettre à l'enfant atteint d'une maladie chronique de suivre la scolarité la plus normale possible». (Newsnet)
Créé: 31.01.2012, 18h19
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