Générations
Pourquoi les jeunes agacent les séniors au travail
Par Sandrine Perroud. Mis à jour le 19.01.2012 3 Commentaires
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Moins efficaces, moins motivés et moins polyvalents. C’est ainsi que les plus de 30 ans se représentent leurs jeunes collègues en France. Ils leur reprochent aussi d’être trop individualistes et ambitieux.
Le comble? Les moins de 30 ans formulent les mêmes critiques à l’égard de leurs aînés.
Ces résultats parus lundi proviennent d’un sondage Ipsos, produit en partenariat avec le quotidien français Le Figaro et la chaîne BFMtv. Ils sont la preuve de l’existence chez nos voisins d’un certain conflit intergénérationnel.
Égoïsme récurrent
Le sondage ne surprend pas le sociologue François Höpfinger, spécialiste des relations entre générations à l’Université de Zurich: «Ces conclusions sont complètement classiques. Les séniors reprochent toujours à la jeune génération son égoïsme, mais aussi de ne pas prendre en compte leur expérience.»
En Suisse, les générations semblent mieux se comprendre, même si les tensions sont inévitables. La raison est économique. François Höpflinger: «Lorsqu’un pays présente un fort taux de chômage chez les jeunes, les tensions apparaissent. Les jeunes français accusent ainsi les séniors de bénéficier d’avantages sociaux qui leur font défaut».
Injustice en cause
Le sociologue prend l’exemple de l’injustice ressentie par les jeunes qui enchaînent les stages et les contrats à durée déterminés face aux postes sécurisés de leurs collègues plus âgés: «Les employés âgés sont très protégés en France par la politique du travail. En Allemagne comme en Suisse, qui ont une politique du travail plus libérale, on observe moins ce problème de séniorité.»
L’aisance de la jeune génération dans les outils informatiques est-elle un facteur d’incompréhension face à des collègues plus âgés? Pas vraiment, selon le sociologue, car les séniors adoptent assez vite les nouvelles technologies dans les classes moyennes.
Nouveau management
«Cette irritation séculaire entre générations est aujourd’hui récupérée par les services des ressources humaines», explique encore François Höpflinger. C’est ce que l’on appelle le diversity management: la réunion dans une même structure d'employés de moins de 30 ans et plus expérimentés assurerait la réussite de projets innovants.
Si les tensions sont en baisse dans nos contrées, elles n’en demeurent pas moins nécessaires, conclut François Höpfinger: «Une société où les jeunes et les séniors ont les mêmes idées est une société qui n’avance plus. C’était le cas de l’Egypte jusqu’il y a peu…»
(Newsnet)
Créé: 19.01.2012, 09h52
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3 Commentaires
Le moins de 30 ans est généralement un temporaire. Il ne se fait pas trop d'illusion sur ce qu'est sa situation... En France, c'est souvent un stagiaire mal ou pas payé du tout. Le senior vit dans la peur. Il voit en ces juniors leurs futurs remplaçants, car après 50 un salarié est bon pour la casse. L'expérience est perçue comme un carcan, qui justifie la routine. Répondre
Dans la multi où je travaille, c'est plutôt l'inverse : les seniors et fixe (contrairement aux jeunes tempo) qui souvent se tournent les pouces et préfèrent planter des couteaux dans le dos pour préserver leur place et justifier leur salaire. C'est sur que ça doit leur faire peur de voir un jeune qui bosse 2x plus vite et qui est tout aussi efficace, si ce n'est mieux.. alors les individualistes. Répondre





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