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Démarchage téléphonique

Nouvelle arnaque aux caisses de vin en Suisse romande

Par Christine Talos. Mis à jour le 25.04.2013 6 Commentaires

Une maison basée à Genève tente par le culot et l’intimidation de forcer ses victimes à recevoir du vin qu’elles n’ont jamais commandé. La démarche n’est malheureusement pas nouvelle. Nos recommandations.

Pas facile de se défendre contre le démarchage téléphonique insistant de certains escrocs.

Pas facile de se défendre contre le démarchage téléphonique insistant de certains escrocs.
Image: Keystone

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Attention: une nouvelle arnaque par téléphone sévit actuellement. Nicole B. (nom connu de la rédaction), à Lausanne, en a été la victime récemment.

Tout commence par un coup de fil anodin. Un homme l’appelle au nom du Domaine de la Renaissance, un grossiste en vins basé à Genève. «Il m’a demandé à quelle heure il pouvait me livrer le lendemain le vin que j’avais commandé. Je n’avais rien commandé!»

Nicole B. explique poliment qu’il y a erreur sur la personne et que c’est la première fois qu’elle parle à cet homme. Les choses s’enveniment: celui-ci affirme au contraire qu’elle lui a passé commande le matin même et qu’elle n’a pas le droit de changer d’avis. Il a donc bien l’intention de lui livrer ses caisses de vin comme prévu et se montre de plus en plus menaçant. La Lausannoise refuse tout net et raccroche.

Deuxième essai en douceur

Vingt minutes plus tard, une femme dénommée Laura Cellier (!) rappelle. Elle tente à nouveau de lui faire accepter sa pseudo-commande de vin. C’est une méthode doucereuse qui est cette fois utilisée. «Elle a essayé de me faire reconnaître, sur un ton lénifiant, que j’avais sans doute oublié ou que c’était peut-être ma fille qui avait passé commande à ma place. Le hic: je n’ai pas de fille», s’indigne encore Nicole B.

Nicole B. menace alors de porter plainte auprès de la police. En vain, car Laura Cellier change de stratégie et tente cette fois de lui faire croire qu’elle fait partie des bons clients du grossiste en vins; et lui propose une offre alléchante réservée aux membres fidèles de l’entreprise. Devant ces méthodes, la Vaudoise finit par raccrocher au nez de l’indélicate personne.

Plusieurs fois signalé et dénoncé

Ce Domaine de la Renaissance, inscrit au registre du commerce genevois en février 2013 et actif officiellement depuis le mois de mars, a été signalé récemment par une autre victime vaudoise à la Fédération romande des consommateurs (FRC). La méthode était un brin différente, note la juriste Valérie Muster. «La société a prétexté une commande de vin datant de deux ans en arrière. Mais son ton était tout autant agressif. Elle commence donc à essaimer.»

Du côté du magazine de consommation Bon à Savoir, on n’a pas encore été alerté au sujet de cette société. Mais pour sa directrice et rédactrice en chef, Zeynep Ersan Berdoz, les plaintes de ce type sont récurrentes. Selon elle, les techniques utilisées dans le cas de Nicole B., où l’on joue sur l’intimidation puis la confusion des victimes, correspondent à d’autres témoignages que le magazine a reçus.

Une chose est sûre : malgré sa récente apparition au Registre du commerce, la société sévit avec ce numéro (022/518 06 87) depuis juillet 2012 au moins, selon la FRC qui tient un registre des téléphones indésirables. Et le numéro figure également dans la liste que les lecteurs peuvent dénoncer sur le site de Bon à Savoir.

Raccrocher et/ou menacer

Que faire devant ce genre de téléphone? «Raccrocher le plus vite possible», avance Zeynep Ersan Berdoz. Du côté de la FRC, Valérie Muster conseille avant tout - pour autant que l’on possède un astérisque dans l’annuaire pour ne pas recevoir des appels non sollicités - de menacer les vendeurs de plainte pénale car leur appel est illégal. En effet, depuis le 1er avril 2012, la loi a été modifiée en ce sens pour mieux lutter contre le démarchage téléphonique.

La juriste de la FRC recommande en outre d’exiger du vendeur une preuve de la pseudo-commande. Si le harcèlement continue, Valérie Muster conseille alors de relever le numéro de l’appel et de le dénoncer par un formulaire en ligne.

Ne jamais dire oui au téléphone!

Mais tant Zeynep Ersan Berdoz que Valérie Muster recommandent de ne jamais dire oui à un démarcheur insistant! Car si la loi offre un délai de révocation de 7 jours après un contrat signé suite à la visite à domicile d’un marchand, cette possibilité n’est malheureusement pas encore étendue aux démarchages par téléphone, même si les parlementaires fédéraux en ont accepté le principe en septembre 2009!

Et que faire si un démarcheur livre quand même une marchandise non commandée à son domicile? «Refuser de payer la facture jointe», explique Zeynep Ersan Berdoz. «C’est en effet au vendeur de prouver qu’il y a eu commande, que ce soit par e-mail, courrier ou par l’enregistrement de la conversation téléphonique».

Pas obligatoire de garder la marchandise

Attention, prévient quand même Valérie Muster. Il faut être sûr que l’on n’a bien rien commandé. Au risque de se retrouver aux poursuites si l’on a par mégarde laissé échapper un oui dans la conversation… «Mais si l’on est sûr de soi, il suffit d'envoyer une lettre au démarcheur pour refuser la marchandise en invoquant l’article 6a du Code des obligations qui dit que l’on n’est pas obligé de conserver le colis. Il faut préciser qu’on le met alors à disposition du vendeur pour qu’il vienne le rechercher dans les 10 ou 15 jours». (cliquer ici pour télécharger une lettre type préparée par la FRC).

Si le vendeur ne vient pas rechercher sa marchandise, il est alors possible d’en disposer. «Juridiquement, le cas s’apparente à ces cartes de vœux d’organisation d’entraide qui arrivent en fin d’année dans les boîtes aux lettres», souligne Zeynep Ersan Berdoz. Il y a une facture mais le paiement est à bien plaire…

Enfin, si on a laissé échapper un oui par téléphone par lassitude ou sans se méfier, il reste une dernière possibilité: «envoyer par recommandé une lettre au vendeur en évoquant l’erreur essentielle», conclut Valérie Muster, «en précisant que la commande ne résultat pas d’une manifestation réciproque de volonté, comme l’exige l’article 1 du Code des obligations». (cliquer ici pour télécharger une lettre type préparée par la FRC). (Newsnet)

Créé: 25.04.2013, 06h08

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6 Commentaires

Cédric Jeanneret

25.04.2013, 07:32 Heures
Signaler un abus 76 Recommandation 0

"Mais que fait la police ?" pourrait-on se demander. La police du commerce sait bien nous trouver pour qu'on se déclare, contrôler les emplacements au marché, par contre quand il y a arnaque, plus personne… Si ce numéro est connu, pourquoi est-il encore actif ? Avec un peu de chance, il s'agit toujours des mêmes personnes qui créent ces "entreprises"… Pourquoi le peuvent-elles encore ? Répondre


P. Uldry

25.04.2013, 07:42 Heures
Signaler un abus 70 Recommandation 0

Méthode de vente crapuleuse bien connue de l'autre côté de la frontière, il y a des volontaires pour reconduire à Moillesulaz ce monsieur Armand Yvan de France, inscription au registre du commerce en raison individuelle, c'est budget minimum pour arnaque maximum. Répondre



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