grande bretagne
Londres se met à l’heure olympique
Par Pascal Bornand. Mis à jour le 31.01.2012 4 Commentaires
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Il n’y a pas… Londres d’un doute. La capitale du Royaume-Uni se prépare à accueillir l’un des plus fameux et des plus fastueux événements au monde. A six mois de leur ouverture, le 27 juillet 2012, les XXXes Jeux olympiques d’été s’entourent pourtant encore de la plus extrême discrétion. Comme si, telle une diva qui se pomponne dans le secret de sa loge, le megashow cherchait à ménager ses effets. A ne lever distraitement qu’un sourcil, qu’un coin du voile. Caprice sécuritaire? Sûrement pas. Les Jeux seront mieux surveillés que les joyaux de la couronne.
Loin de Buckingham Palace, qui attend lui le jubilé de la reine, loin de l’effervescence de Picadilly Circus où l’horloge olympique égrène ses heures, loin de l’ambiance canaille de Soho où déambulent les fêtards, leur théâtre dessine encore son décor derrière d’austères grillages. Figure de style, la grisaille des préparatifs semble augurer du feu d’artifice de l’été.
Bientôt, le ballet des jardiniers succédera au bal des pelleteuses. Déjà, la foule approche, attirée par cette chrysalide d’acier et de verre. Le stade, la piscine, le vélodrome, le village olympique se laissent deviner. Et l’œuvre d’art d’Anish Kapoor, une gigantesque écharpe de fer rouge qui s’entortille dans le ciel, se dresse au cœur des lieux. Sur le chemin du temple, un premier bâtiment brille de mille feux. L’immense centre commercial Westfield - le plus grand d’Europe, 250 magasins et 70 restaurants! - servira de porte d’entrée au parc olympique. Une métaphore qui rappelle la métamorphose des Jeux. Il en coûtera plus de 13 milliards de francs à Londres pour devenir le centre du monde.
Dans le quartier de Jack l’Eventreur
Ici, dans l’East End, là où Jack l’Eventreur a écrit sa légende sanguinaire, là où Jack London s’est mêlé au Peuple d’en-bas pour en décrire le quotidien sordide et miséreux, un nouveau monde est sorti de terre. Longtemps défavorisé, à la fois forge de l’industrie ferroviaire, repère de voyous et bouge de chômeurs, le quartier métissé de Stratford s’offre une formidable réhabilitation. L’Eurostar y aura sa station. Cet été, 500?000 visiteurs le découvriront chaque jour. «Dire qu’ici, il y a peu encore, c’était la fin de Londres, le début de l’enfer…», note le guide de Visit Britain.
Lavé de ses scories et de sa sale réputation, le quartier doit devenir un poumon de vie et de verdure. C’est l’héritage que veulent laisser les organisateurs des Jeux. La plupart des installations sportives seront redimensionnées ou reconverties en espaces publics. Transformé en logements populaires, le village olympique s’inscrira dans un vaste domaine d’habitations. On vivra là où les champions ont dormi. Lendemains de fête. Sur le Greenway, ce cheminement qui conduit des bords de la Tamise au parc olympique, l’imagination se substitue encore à la réalité. Et dans les marchés de Brink Lane, chargés d’épices, on est si loin de tout…
Mais si les Jeux (comme leurs comptes) ne sont pas encore faits, ils façonnent déjà leur réputation. Ses organisateurs misent sur eux pour que Londres reste la ville européenne la plus visitée. Ses détracteurs évoquent le futur chaos qui engorgera le réseau des transports publics. Bénédiction ou fléau? On est tout de même loin du catastrophisme d’un éditorialiste du Daily Telegraph qui craignait les Jeux comme la peste. «Hormis une épidémie de choléra - et encore! - les Jeux olympiques sont la dernière chose dont Londres ait besoin», écrivait-il! Depuis, beaucoup d’encre a coulé sous les ponts de la Tamise.
Les recettes olympiques d’Anton Mosimann
En attendant les seigneurs des anneaux, les joueurs de beach-volley qui s’exhiberont sur l’esplanade de Horse Guards Parade ou les triathlètes qui plongeront dans le lac Serpentine à Hyde Park, la capitale n’a pas changé une virgule à ses us et coutumes. On y boit toujours le thé en levant le petit doigt au Palm Court de l’hôtel The Langham. On y hurle sa passion dans les tribunes de Stamford Bridge ou de l’Emirates Stadium, les fiefs des clubs de football de Chelsea et d’Arsenal. On s’extasie au pied de Westminster et de Big Ben qui, à force de se pencher sur leur miroir, ont fini par se prendre pour la Tour de Pise - on vient de débloquer un budget d’un milliard de livres pour assurer leur redressement!
Etrangement, la fièvre olympique se mitonne là où on ne l’attend pas, dans le quartier chic de Belgravia. Il faut entrer dans le club select d’Anton Mosimann, le cuisinier bernois de Buckingham et de la future Maison olympique suisse, pour en ressentir les palpitations. L’ancienne chapelle est devenue un temple de la gastronomie, son orgue monumental, une cave d’Ali Baba! De Bill Clinton à Roger Federer, de Madonna à Ursula Andress, le monde entier s’est attablé ici. Ne manque que le pape! Le cuistot toqué prépare ses recettes olympiques. Puis, la flamme éteinte, il quittera ses fourneaux pour s’offrir deux mois de raid automobile en Argentine. A Londres, comme ailleurs, il y aura une vie après les Jeux. (TDG)
Créé: 31.01.2012, 19h10
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4 Commentaires
un article vraiment tres agreable a lire! sympa! Répondre
"la capitale n’a pas changé une virgule à ses us et coutumes"...Oh si! Les prix des hôtels sont exorbitants! Les prix ont considérablement commencé à augmenter depuis déjà 6 mois se préparant pour une hausse plus qu'exagérée pour déjà ce printemps. Pour les J.O. que "le client le plus offrant gagne". Il y a des hôtels qui ne vous font pas de réservations car ils ne connaissent pas encore les prix. Répondre





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