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John Goetelen : «La mort d’un prématuré devient une affaire d’Etat»
Rémi Mogenet: Le blog Savoyard de la Troibune devient livre Les éditions Dictus Publishing m’ont proposé de publier les articles du présent blog en deux volumes, et j’ai nommé l’ensemble Réflexions actuelles, n’ayant conservé que les articles ayant un lien avec l’actualité. Le premier volume est consacré à ce qu’on regarde généralement comme relevant des prérogatives d’État: les élections, les commémorations nationales, l’éducation, la religion, l’environnement, les événements mondiaux, les relations internationales. Le second volume est consacré à la vie culturelle: littérature, expositions, musique, cinéma. Dans le premier, je suis surtout content de ce que j’ai fait sur l’éducation, car c’est le principal problème qui m’intéresse: je l’estime en fait lié à la vie culturelle; elle en est même le noyau, selon moi. Dans le second, j’ai surtout parlé, en littérature, de poésie, pour le cinéma, des films de super-héros…
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John Goetelen : La mort d’un prématuré devient une affaire d’Etat (…) Il y a trois jours une femme enceinte a accouché sur l’autoroute A20 dans le sud-ouest de la France. Le bébé, un prématuré de sept mois, n’a pas survécu. C’est forcément douloureux pour des parents. Perdre un nouveau-né c’est le deuil d’une attente, d’une préparation, d’un amour déjà installé dans le cœur. Mais c’est aussi une réalité. La médecine moderne a permis de faite chuter les cas de décès de nouveau-nés, grâce à des soins adéquats et à la proximité des établissements hospitaliers. Ici la parturiente n’avait pas de maternité très proche. Alors la mort de ce prématuré offusque le pays, au point où le président Hollande lui-même demande une enquête. Il promet même de prendre des mesures. «Le drame (...) nous appelle une nouvelle fois, encore, à ne rien accepter en matière de désert médical, a déclaré le chef de l'Etat à Nice. Et en même temps je prends l'engagement, celui que j'avais déjà énoncé avant l'élection présidentielle, et que je rappelle ici comme chef de l'Etat: aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d'urgence.» Cela devient une cause nationale. On se dirait sous Sarkozy où chaque fait divers devenait un enjeu politique. Revenons à ce décès… Le problème est-il vraiment le manque de moyens locaux? (…) Ne faut-il pas aussi accepter la mort?...
Sylvain Thévoz : Post tenebras ploutocratie Aujourd'hui, une élection ne semble plus se gagner, mais s'acheter. Post tenebras ploutocratie, est-ce la nouvelle teneur des armoiries de notre république? Lorsque l'on demande au candidat Barazzone à combien se monte son budget de campagne il répond négligemment, la mèche de travers, d'une manière distraite: entre 100'000 et 200'000 francs. Arrogance de celui pour qui, au moment du point presse, une centaine de milliers de francs est un point de détail. Le pouvoir de l'argent est puissant. Il devient totalitaire lorsqu'en face de-celui-que-l'on-voit-partout, les trois autres petits candidats réunis ne comptabilisent pas le quart de cette somme ou de la surface sur les espaces d'affichage public, banderoles sur les bus, posters sur les trams, autres supports publicitaires. Et comme si ce n'était pas encore assez, surgissent oh miracle du journalisme d'enquête, deux pages supplémentaires dans le "journal" Le Matin mettant en scène Monsieur Morisod faisant un coming out "politique" opportun. L'écœurement monte devant l'indécence et la servilité d'une partie de la presse. Elle se transforme en nausée quand le candidat du fric-show reproche à l'Association Transport Environnement (ATE) d'envoyer un courrier à ses membres pour mettre en avant la candidature d'un des trois petits, membre de son comité. Le pouvoir de l'argent est sans limite, il ne supporte ni la contradiction ni ce qui lui résiste, et surtout pas l'indépendance du mouvement associatif, qui ne se laisse pas acheter. Plus choquant encore que le montant des sommes engagées, c'est l'opacité de leur provenance…
Serge Bimpage : Le Prix 2012 de la Société Littéraire de Genève à Michel Juvet Comme chaque automne, la Société Littéraire de Genève décerne son traditionnel prix. A noter que cette année, la Société a modifié le règlement de son Prix : il récompense désormais une personnalité genevoise qui, par son action, son œuvre ou son témoignage, illustre l’Esprit de Genève. Fondée en 1816, la Société Littéraire évolue avec son temps. Ses activités comme sa nature l’inclinent à se rapprocher davantage de la cité, en l’occurrence à primer toute personne qui contribue à son rayonnement. Son Prix annuel n’est donc plus strictement littéraire. C’est ainsi qu’elle a désigné cette année Michel Juvet pour son ouvrage Même le ciel ne pleure plus, paru aux éditions Slatkine. Un témoignage poignant, composés de photographies et de textes, sur les violences sexuelles dans la région des Grands Lacs de l’Afrique de l’Est où Michel Juvet est encore actif pour soutenir des programmes d’aide.
Marie-Jeanne Nerfin : Premier dimanche de novembre (…) Pour les Eglises protestantes de Suisse, ce premier dimanche de novembre commémore la Réformation. Ce mouvement porté par Luther, Zwingli et Calvin entre autres, né de la pensée de la fin du Moyen Age, a aussi contribué à transformer l’Eglise catholique. En fait, la question qui divisait était : « est-ce qu’on est sauvé par ce qu’on fait, ou par sa foi ? » En 1999, une déclaration commune a été publiée par deux fédérations d’Eglises protestantes et par le Vatican : « Nous confessons ensemble que la personne humaine est, pour son salut, entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu.» Cet accord a permis de dépasser les condamnations réciproques qui avaient eu lieu depuis la Réforme ; mais les protestants et les catholiques ne voient pas tout à fait les choses de la même manière : on parle donc de « consensus différencié », c’est-à-dire d’un accord qui admet les différences. Malgré des tensions dramatiques, catholiques et protestants ont donc été stimulés à réfléchir et à se transformer par ces thèses affichées un certain 31 octobre.
Salima Moyard : Eteindre les pubs la nuit Que faites-vous lorsque vous quittez votre appartement? Vous éteignez la lumière s'il n'y a personne d'autre dedans, non? Faire d'une certaine manière de même sur le domaine public, voilà l'objectif d'un nouveau projet de loi socialiste dont l'étude vient de commencer à la Commission de l'énergie du Grand Conseil. (…) Il n'est bien sûr pas question de totalement interdire ces éclairages mais de les supprimer lorsqu'ils sont inutiles, donc de 1h à 6h du matin (ou 1h après la fin d'une activité de nuit, comme un bar, une discothèque ou autre). Évidemment qu'il y aurait des exceptions comme les urgences médicales ou les services du feu, ainsi que certaines périodes comme Noël et son cortège de jolies décorations lumineuses. La ville restera éclairée comme aujourd'hui durant la soirée, à la sortie des restaurants ou des cinémas, mais l'éclairage diminuera au plus profond de la nuit… (TDG)
Créé: 22.10.2012, 19h57
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