Les blogs de la Tribune
Djemâa Chraïti : «Quand les marques s’approprient notre espace public»
Magali Orsini : Baisse du taux d'impôt sur les bénéfices Tout le monde nous parle d'"entreprises" ou de "PME", comme d'habitude. Or, comme d'habitude, il ne s'agit que du taux d'imposition du bénéfice des PERSONNES MORALES, c'est-à-dire des SOCIETES DE CAPITAUX. De nombreuses PME et entreprises de notre canton sont enregistrées comme sociétés de personnes et ne seront pas concernées par cette baisse. Mais comme il y a un principe du droit fiscal qui veut qu'il y ait neutralité (équivalence) entre les diverses sortes de sociétés, on peut faire confiance aux entreprises et PME en raison individuelle (en particulier les banquiers privés) pour réclamer les mêmes baisses en tirant plus vite que leur ombre. Le montant estimé de CHF 50o millions de pertes fiscales aura vite fait de se transformer. David Hiler nous avait dit avant l'été que la balle était dans le camp de la Confédération et que nous pouvions dormir tranquilles. Comme quoi, il faut toujours garder un oeil à moitié ouvert. Dans le taux de 13% proposé, 8.5% sont réservés pour l'impôt fédéral. C'est donc le taux cantonal et communal monstrueux de 4.5% qui est proposé à ces pauvres SA et SARL.
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Djemâa Chraïti : Quand les marques s’approprient notre espace public En déambulant dans les rues genevoises, je songeai à la place que les marques prennent dans notre champ visuel; une pollution optique imposée et contre laquelle on demeure impuissant, si ce n’est juste pouvoir constater que l’espace public devient des lieux d’appropriation qui se monnaient. Récemment le Pont Hans-Wilsdof construit en forme de boîtier de montre et qui nous projette la marque Rolex en grand sur firmament de ciel genevois. Les Genevois se sont laissé bercer d’illusions en croyant que ce pont leur était offert. Il est bel et bien un hommage à la marque et financée par elle via sa Fondation, elle nous le rappelle au quotidien sur fond vert pétard. Imaginez que Coca-Cola nous financerait la réfection de la machinerie du Jet d’eau, elle pourrait alors en compensation nous inonder de sa marque écrite sur fond de jet d’eau illuminé la nuit, aux couleurs rouge sang et noir. Ou Mac Do qui ferait jaillir du lac un M envahissant, jaune… (Un grand merci pour ces photos à Bruno Toffano, la suite des photos sur son blog Tribune de Genève).
Pierre Béguin: Annie Ernaux, what else? Beaucoup plus ronde dans ses propos, ses manières, sa tonalité que son écriture comme un couteau aurait pu le laisser supposer, elle parle, Annie Ernaux. Elle parle beaucoup, anticipe parfois la fin des questions du journaliste, commence une phrase, la suspend, la reprend par un autre bout, ou en commence carrément une autre. Si son style, décapé jusqu’à l’os, sait extraire l’essence même des choses, ses propos, eux, véhiculent une masse de sentiments et de pensées portée par la passion. Si son écriture limpide, où la métaphore se fait très rare, a la précision de l’anthropologue, son verbe est plus enrobé, plus prolixe, comme s’il rendait compte, au début même du processus littéraire, de la difficulté d’une démarche exigeante et risquée. C’était mardi soir à la Société de lecture. En inconditionnel de cette œuvre originale, aux confins des genres, je n’aurais pour rien au monde raté ce rendez-vous. Je n’ai pas été déçu. (…) Que celles ou ceux qui n’ont pas encore lu Annie Ernaux fassent rapidement amende, honorable ou non. Ni autobiographie, ni autofiction, ni confession. Un «je» qui transcende l’individu, un «je» transgénérationnel, un «je» qui a valeur de «nous» et qui devient le «je» d’un lecteur qui peut ainsi se substituer à l’auteur et retrouver sa propre histoire. Il lui suffit de changer les noms...
Claire-Marie Jeannotat : Dieu n'est pas solitaire Je cite Hermann-Josef Venetz : «Dans la Bible hébraïque de notre tradition judéo-chrétienne, le mot « Dieu » est souvent un nom pluriel. Par exemple dans l’histoire de la création Dieu dit : « Créons l'homme à notre image et à notre ressemblance. » On croit entendre la voix d’une communauté qui invite les créatures à la rejoindre. Ce sont donc les hommes à l’image et à la ressemblance de Dieu qui doivent remplir leur Mission : Qu’ils règnent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux … C’est-à-dire régner avec et comme Dieu : donner la Vie et créer l’espace pour tout ce qui vit, il se soucie de tous. Un théologien le disait ainsi : Dieu souhaite que le monde et nous soyons des compagnons de son Amour. Poursuivons la lecture de la Bible et notons : Dieu est toujours à la recherche de femmes et d’hommes pour l’aider, pour lui donner la main en chemin…
Marie-Françoise de Tassigny : Baccalauréat : bientôt un centre d’examens en Suisse romande ! Jusqu’en 2008, les épreuves du baccalauréat pour les enfants habitant en Suisse se déroulaient dans les établissements scolaires de France voisine. Accessibles en transport public, Annemasse ou St-Julien proposaient ainsi des centres d’examens situés à moins de 30 minutes au départ de Genève. Problème : depuis 2009 les épreuves ont été transférées à Albertville, transformant parfois les trajets des élèves suisses en véritable périple. Avec 1h30 de transport minimum, une grande partie des candidats se trouvent dans l’obligation de dormir à l’hôtel Cette délocalisation a entraîné des conditions d’examens difficiles, sans compter des coûts supplémentaires conséquents pour les familles. (…) Heureusement, notre persévérance ne semble pas vaine ! Contrairement aux informations trop vite transmises par certaines autorités, rien ne paraît s’opposer à ce jour, à la réalisation d’un centre d’examens en Suisse Romande. Aujourd’hui, parents et étudiants peuvent espérer bénéficier bientôt des conditions d’examens équivalentes à celles des bacheliers de métropole.
Demir Sönmez: Quand l'art investit Plainpalais Vendredi a eu lieu le vernissage du projet d'art de Plainpalais, le dernier volet du projet d'art public Neon Parallax en présence de M. Charles Beer, conseiller d'Etat chargé du département de l'instruction publique de la culture et du sport (DIP) et Sami Kanaan, conseiller administratif chargé du département de la culture et du sport. Trois nouvelles installations lumineuses, crées par les artistes Ann Veronica Janssens, Pierre Bismuth et Christian Robert-Tissot, viennent mettre fin au projet (débuté en 2006) sur les toits de trois immeubles bordant le côté est de la plaine (boulevard Georges-Favon et avenue Henri-Dunant). Un livre, une exposition et un colloque accompagnent ce projet d’art public. Plainpalais est devenu le nouveau visage du sport et de la culture de Genève. Crée et conçu spécifiquement pour la plaine de Plainpalais, l’ensemble des neuf installations a été pensé comme un contrepoids artistique aux publicités mises sur les quais bordant la rade, ces deux espaces urbains ayant une configuration presque identique, en forme de losange. Jean-Noël Cuénod: Cri du coeur d'un musulman de Suisse: "Stop à la terreur et à la haine!" Le plouc a reçu le courriel ci-dessous à la suite de son édito paru le 8 octobre 2012 sur le démantèlement d’une cellule terroriste animée par des Français convertis à l’islam. Il s’agit d’un cri du cœur poussé par une personnalité musulmane bien connue à Genève et ailleurs Hafid Ouardiri. Ce cri mérite d’être entendu et même, écouté : « Musulman, je suis doublement victime de ces voyous, barbares et criminels. Pour ces innocents qu'ils arrachent à la vie et pour ma foi, l'islam à laquelle ces monstres se déclarent convertis. Quel horrible outrage à Dieu ils commettent en perpétrant de tels actes barbares en son Nom. Nés dans les banlieues sans éducation dans lesquelles ils ont connus tous les échelons de la délinquance pour échouer dans les pénitenciers. Là, ils sont entrés en contact avec on sait quel "imam diabolique" qui les aurait convertis au terrorisme en les initiant à son idéologie meurtrière qui ressemble étrangement aux agissements des "hashashins" (assassins), mercenaires, drogués à mort qui allaient massacrer les innocents et semer la haine et le désordre dans certaines régions du Moyen-Orient il y a de cela quelques siècles. Non, ils n'ont pas été convertis à l'islam mais au terrorisme, à la haine et à la violence aveugle !...
Catherine Armand : Du bout des lèvre On apprend ces jours-ci dans la presse que la chirurgie esthétique du sexe féminin, déjà très pratiquée au USA et en France depuis plusieurs années, est en plein boom en Suisse Romande.L'idéal à atteindre pour les femmes ressemble donc à l'entrejambe d'une fillette de 10 ans. Avec l'épilation intégrale, la vaginoplastie et la nymphoplastie, elles n'ont plus d'excuse pour ne pas exhiber dans l'intimité un sexe lisse, un vagin serré, et des petites lèvres invisibles. L'entrejambe de Barbie sur lequel on aura dessiné un petit trait vertical, en somme. Est-ce à dire que ce sont les hommes qui tendent à imposer ce nouveau standard, et qu'ils sont tous des pédophiles réprimés? Certainement pas. Et eux-mêmes subissent d'ailleurs des pressions similaires quant à la taille de leur sexe et les performances qu'il est censé accomplir. En effet, beaucoup de jeunes gens (filles et garçons) ont découvert ce qu'ils croient être la sexualité via la pornographie moderne et en ont fait leur référence, par défaut. (…) Pourtant, la rébellion est en marche! Le site "Make love not porn" s'est lancé dans une mission d'éducation en confrontant ce qui se passe dans les films pornos à la réalité des relations sexuelles. Des danoises de tous âges exhibent leurs seins non refaits dans le cadre d'une campagne du Conseil des femmes (Kvinderadet), et le sculpteur Jamie McCartney expose 400 moulages de vulves de femmes, toutes différentes, où les petites lèvres saillantes sont nombreuses. Montrer la réalité des relations sexuelles et des corps, sans tabou ni vulgarité, est peut-être le meilleur moyen de faire revenir sur terre ces jeunes gens complexés ou sous pression, leur faire accepter leur corps avec ses singularités, et leur permettre d'en jouir autrement que du bout des lèvres.
Antoine Vielliard : Le Conseil d'Etat renonce à la moitié des grands projets de logements pour les Genevois Le Conseil d'Etat a annoncé vendredi qu'il renonçait à la moitié des grands projets de logements. De 18 grands projets l'an dernier on passe à seulement 10 cette année. L'argumentation officielle consiste à affirmer qu'il vaut mieux se concentrer sur quelques projets pour qu'ils avancent rapidement plutôt que de s'éparpiller. Argumentation plaisante mais erronée puisque sur les 10 projets en question, la plupart ne verront pas le jour à temps pour les Genevois : pas plus la Praille-Acacias-Vernet que les Grands Esserts (revus à la baisse, planifiés pour 2026 et contre lequel la commune de Veyrier n'a pas renoncé à recourir). Il n'y aura pas plus de réalisation rapide à Chêne-Bougeries qu'à Chêne-Bourg dont les communes s'opposent aux projets et les retardent à chaque étape de la procédure. Aux communaux d'Ambilly, non content d'avoir retardé les livraisons de logements pour les habitants de Thônex, la commune a réussi à en réduire le nombre de moitié. La législation sur le logement genevoise, contraire à la nouvelle constitution qui exige une procédure simple qui permette des constructions rapides, a pour effet de multiplier par 3 la durée nécessaire à la construction d'un logement. Cela ne serait pas un problème si 3 fois plus de projets étaient menés de front. Le rythme des livraisons serait ainsi adapté aux besoins des Genevois. Loin de répondre à cette exigence, le Conseil d'Etat réduit de moitié le nombre de Grands Projets de logement. Il réduit de moitié les équipes d'urbanistes chargé de les mettre en œuvre. Il réduit de moitié les moyens publics nécessaires. Y-a-t'il une seule autre priorité que le logement dans notre région : oui, peut-être, tout au plus les problèmes qu'engendre précisément cette pénurie de logement sur la mobilité, la cohésion sociale, la sécurité et sur le pouvoir d'achat…
André Duval : Retour sur l’affaire Bonny (…) « La commission des droits politiques du Grand Conseil saisie par le Bureau du Grand Conseil a décidé que le critère pertinent pour juger d’une incompatibilité entre le mandat de député et le statut de fonctionnaire n’était pas la classe de traitement, mais bien celui de la proximité avec le Conseil d’Etat. Dès lors, le simple fait que Monsieur le député Bonny se trouve en classe 24 ne suffit pas pour que celui-ci se trouve en situation d’incompatibilité. » (Réponse faite en 2008) Allons allons...on se fout de nous... Comme si les directeurs d'établissement n'étaient pas nommés en tant que cadres supérieurs de la fonction publique! Comme si ceux-ci n'étaient pas des collaborateurs de l'entourage immédiat du conseiller d'Etat en charge du DIP! A l'époque, soutenu pas ses petits copains politiques (les mêmes qu'il s'acharne à étriper aujourd'hui), Monsieur Bonny ne s'était pas posé trop de questions pour s'accrocher honteusement à son mandat de député au Grand Conseil…
Christina Meissner : Deviendrons-nous enfin un peu plus raisonnables ? Ouf, l'initiative Ecopop a abouti donnant ainsi la possibilité au peuple suisse de se prononcer sur la croissance démographique qu'il souhaite et donc sur ses choix en matière de territoire. Parallèlement, le Conseil d'Etat, face à un futur on ne peut plus aléatoire en matière budgétaire, recentre ses priorités en matière d'aménagement du territoire pour concentrer ses forces sur des projets ayant une vraie chance d'aboutir. Il montre même des signes d'ouverture en matière de concertation, anticipant sur le travail qu'il s'agira de faire pour implémenter cette innovation introduite par la nouvelle Constitution.
Yves Nidegger : Cour des comptes, le quatrième pouvoir… Est-il acceptable qu’une Cour des comptes chargée du contrôle des politiques publiques soit composée intégralement de magistrats qui doivent leur élection, et leurs éventuelles réélections, aux instances dirigeantes des seuls partis dont l’action gouvernementale est à contrôler ? A la différence des juges qui sont réélus en blocs, et dont la carrière se poursuit dans la règle jusqu’au jour de leur méritée retraite, les magistrats de la Cour des comptes sont élus individuellement tous les six ans et dépendent donc pour leur carrière des grâces d’une coalition de partis gouvernementaux dont l’action est supposément soumise à leur contrôle. Indépendamment de l’indépendance dont feront preuve les magistrats concernés à titre personnel, une Cour qui serait composée exclusivement de magistrats issus de partis gouvernementaux coalisés pose donc un problème de principe…
(TDG)
Créé: 21.10.2012, 18h19
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