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Histoire

«Ueli Maurer édulcore le passé pour le compte de l’UDC»

Par Xavier Alonso. Mis à jour le 28.01.2013 8 Commentaires

Martine Brunschwig Graf regrette l’instrumentalisation de l’histoire suisse à des fins politiques propres aux positions de l’UDC sur l'asile. C’est indigne d’un président de la Confédération

Désormais présidente de la Commission fédérale contre le racisme, Martine Brunschwig Graf (PLR/GE) reste encore très connectée à la vie sous la Coupole fédérale.

Désormais présidente de la Commission fédérale contre le racisme, Martine Brunschwig Graf (PLR/GE) reste encore très connectée à la vie sous la Coupole fédérale.
Image: Patrick Martin

Une mémoire incomplète

C’est hier dimanche, que le président de la Confédération Ueli Maurer a envoyé son message. La polémique tient en une phrase: « La Suisse est ainsi devenue un refuge pour de nombreuses personnes menacées et traquées.»

Ueli Maurer s’en tient à cette vision du rôle de la Suisse lors de la seconde guerre mondiale. Le Rapport Bergier, ainsi que de nombreux documents des archives diplomatiques suisses, ne contredisent pas le président de la Confédération, mais complètent le tableau.

L’un des points problématiques, selon les critiques émises, est notamment qu’Ueli Maurer fait cette déclaration à l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Le contexte de la question juive et de la shoah sont donc inévitables.

Il y a quelques années (en 2005), Christoph Blocher alors ministre de la Justice avait lors du 60e anniversaire de la fin de la Guerre dressé un tableau plus complet de la situation : « À l'époque, la Suisse a accueilli quelque 29'000 réfugiés juifs ; soit davantage que le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud réunis. Malheureusement, elle a aussi refusé l'admission sur son territoire à plusieurs milliers de réfugiés. C'est à leur mémoire également que nous rendons notre hommage silencieux », avait souligné le tribun zurichois.

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Présidente de la Commission fédérale contre le racisme, Martine Brunschwig Graf (PLR/GE) reste très connectée à la Berne fédérale. Bien qu'elle ait quitté le parlement fin 2011. Mais l’ex-vice présidente du PLR Suisse, juive par son père, est toujours d’une grande acuité sur les problématiques xénophobes, sans jamais tomber dans la caricature. Ainsi, elle ne surréagit pas au discours problématique d’Ueli Maurer sur le mode de l’indignation, mais elle décortique l’intention du président de la Confédération, qui selon elle, instrumentalise la question des réfugiés pour le bénéfice de son parti, l’UDC.

la Tribune de Genève: - La déclaration incomplète d’Ueli Maurer sur l’attitude de la Suisse envers les Juifs vous a-t-elle choquée?

Martine Brunschwig Graf : Cette prise de position partielle, à la limite de la partialité, n’est pas souhaitable de la part d’un président de la Confédération. Il est très regrettable que M. Maurer omette les travaux du Rapport Bergier, ainsi que les documents que les archives diplomatiques viennent de rendre publics encore dernièrement. La Suisse fait son travail de mémoire, Ueli Maurer doit en tenir compte.

Quelle était son intention: ignorance ou provocation?

Ni l’un ni l’autre. Ceux qui connaissent Ueli Maurer savent qu’il n’est ni antisémite ni quoi que ce soit de cette nature.

Alors quelle est son intention, selon vous?

Ueli Maurer est animé par la volonté de toujours dépeindre la Suisse sous ses aspects positifs. Quitte parfois à ignorer la réalité et à la tronquer.

La Suisse refuge pour les Juifs c’est donc aussi vrai?

Il est parfaitement vrai que la Suisse a été un refuge pour de nombreux juifs. J’ai moi-même travaillé dans la commission qui a réhabilité des citoyens helvétiques qui avaient eu des problèmes avec les autorités suisses pendant cette période de la guerre parce qu’ils avaient aidé des Juifs. A l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, il y aurait beaucoup de choses à dire sur le rôle de la Suisse. Mais passer sous silence ce qui nous plaît moins n’est pas une attitude de président de la Confédération.

En quoi est-ce plus problématique pour un président de la Confédération?

Quand on est président de la Confédération, on représente le Conseil fédéral, la Suisse et toutes ses composantes. On ne peut donc occulter tout le travail des historiens suisses, qui je le répète, est fait. Et continue à être fait. Un discours sur la mémoire ne doit pas être un manifeste sur la politique actuelle. On voit bien l’allusion au contexte de l’asile que l’UDC instrumentalise. Il est toujours dangereux d’essayer d’édulcorer le passé pour justifier des positions présentes.

Ueli Maurer travaille donc davantage pour l’UDC que pour la Confédération?

Cette déclaration d’Ueli Maurer est plus le fait d’un chef de parti que celle d’un président de la Confédération. (Newsnet)

Créé: 28.01.2013, 11h53

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8 Commentaires

Zora Masé

28.01.2013, 15:31 Heures
Signaler un abus 47 Recommandation 13

A quand une journée du souvenir des autres victimes de cette guerre qui a fait 45 millions de morts. Dans les camps on exterminait aussi les tziganes, les homosexuels, les communistes et les opposants allemands au nazisme. Le frère de mon père est mort dans un camp à 18 ans par ce qu'il avait aidé des résistants italiens. Il était chrétien. Commençons à oser parler des autres exterminés aussi svp Répondre


olivier requet

28.01.2013, 14:09 Heures
Signaler un abus 32 Recommandation 26

La lecture du rapport Bergier était déjà éloquent pour celui qui sait lire entre les lignes. Le livre de JB Mauroux paru en 1968 et à l'époque sévèrement critiqué aussi. La reconnaissance de cette époque passe aussi par les zone noires de l'attitude de la Suisse face au Reich.La Suisse jouait vraiment sur les deux tableaux. Répondre



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