L’UDC Vaud soutient le droit de gifler ses enfants

PolitiqueA une année des élections cantonales, le parti présente son document de référence politique pour s’éloigner du parti suisse. Au menu : correction des enfants, agriculture, sécurité, famille…

Pour Jacques Nicolet, président de l'UDC Vaud et conseiller national, une majorité des électeurs de droite devrait se retrouver dans les idées du parti.

Pour Jacques Nicolet, président de l'UDC Vaud et conseiller national, une majorité des électeurs de droite devrait se retrouver dans les idées du parti. Image: Florian Cella

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«L’abolition totale du droit de correction priverait certains parents du peu d’autorité qu’ils ont encore sur les enfants. Toute autorité doit pouvoir recourir à la force pour se faire respecter.» Cette phrase provient du nouveau «document de référence» de l’UDC Vaud, présenté ce mercredi à Lausanne. Son titre: «L’UDC, la voie du bon sens».

A une année des élections cantonales de 2017, ce texte doit servir de base au programme définitif qui paraîtra en octobre. L’objectif de l’UDC est clair: revenir au Conseil d’Etat en s’alliant au reste de la droite, avec en tête le Parti libéral-radical (PLR) avec qui il voulait s’allier aux élections fédérales d’octobre dernier.

Toucher les électeurs de droite

Ce texte de 75 pages enracine le programme conservateur de l’UDC vaudoise, tout en cherchant à s’éloigner du modèle du parti suisse et de sa section zurichoise. Pour son président et conseiller national Jacques Nicolet, cette «base de réflexion» devrait remporter l’adhésion d’une majorité d’électeurs de droite. «Le titre «La voie du bon sens» est un retour à nos fondamentaux, car c’était notre slogan de campagne au début des années 2000», ajoute-t-il.

Et concernant la gifle aux enfants? «Je suis opposé à toute violence, note Jacques Nicolet. Mais interdire toute correction physique, cela va trop loin. Dans ma génération, nous avons reçu quelques corrections de la part de nos enseignants et n’en sommes pas morts. Elles étaient parfois un peu méritées.»

Féminisme et carences psychologiques

Concrètement, que trouvera le lecteur dans ce document? Des «constats» réalisés par des entrepreneurs, des officiers de l’armée, des policiers, des journalistes, tous anonymes et vaudois. Et cela sur une kyrielle de dossiers: asile, sécurité, social, santé, infrastructures, économie, et d’autres.

Exemple au chapitre de la famille: «Le féminisme pousse les femmes à s’épanouir de la même manière que les hommes: non pas en s’occupant des enfants, mais en déployant une activité hors du cadre familial.»

Autre extrait: «Les carences psychologiques et éducatives qui résultent du placement en crèche entraînent les mêmes conséquences que le laxisme soixante-huitard.» Ou: «Le consumérisme et le féminisme ont entraîné un recours massif à la contraception (et aussi à l’avortement: environ 10'000 par année en Suisse.»

«Pas toujours au pied de la lettre»

A la question de savoir s’ils adhèrent entièrement à ces propos, les dirigeants du parti laissent poindre une certaine gêne dans leur voix. «Sur 75 pages, un certain volume de mots ne sont pas à prendre à la lettre», explique Jacques Nicolet. Sa fille ayant suivi des études d’éducatrice, il dit savoir que certains enfants placés en garderie manquent parfois de repères. Il parle de remettre en avant les bienfaits et la plus-value sociale de la famille.

Touche vaudoise

«Notre texte est peut-être moins libéral que ce qu’il aurait pu être en Suisse alémanique», analyse Kevin Grangier, le secrétaire général de la section. «Nous militons par exemple pour un protectionnisme fort dans le dossier de l’agriculture.» L’objectif est de favoriser une agriculture de proximité, avec des prix abordables et la valorisation des produits suisses par rapport aux produits étrangers.

Autre exemple: celui des travailleurs frontaliers. La vision de l’UDC dans le canton de Vaud n’est pas identique– avec de nombreuses frontières avec la France – à celle de Schwytz ou Uri, selon Jacques Nicolet. Ainsi le document de référence expose: «C’est une régression de supprimer les statuts spécifiques des étrangers – requérants, permis de séjour ou d’établissement, frontaliers, etc.– et de les traiter tous identiquement, comme s’ils étaient une masse uniforme.» (TDG)

Créé: 11.05.2016, 13h29

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