La Suisse se veut un pôle d’excellence dans le data

EPFLL’EPFL et l’EPFZ lancent le Centre national de la science des données. De quoi viser la compétitivité à l’échelle mondiale.

Martin Vetterli, nouveau président de l'EPFL, annonce la mise sur pied d'un Master en science des données à l'EPFL et à l'EPFZ à partir de septembre.

Martin Vetterli, nouveau président de l'EPFL, annonce la mise sur pied d'un Master en science des données à l'EPFL et à l'EPFZ à partir de septembre. Image: Keystone

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A l’heure du tout numérique, les données sont toujours plus importantes. Dans tous les domaines, du plus pointu à l’anecdotique, leur poids est tel qu’elles constituent l’un des enjeux majeurs de l’économie de demain. Encore faut-il savoir faire le tri pour pouvoir les exploiter correctement.

Soucieuse de ne pas se laisser distancer en la matière, la Suisse lance le Centre national de la science des données (Swiss Data Science Center, SDSC). Inauguré lundi dans la banlieue bernoise, le centre est une entreprise commune des Ecoles polytechniques fédérales. «Joint venture» oblige, l’entité, qui vise à promouvoir l’innovation dans la science des données, la recherche multidisciplinaire et la science ouverte, sera dotée de bureaux à Lausanne et à Zurich. Un master en science des données sera d’ailleurs institué dès septembre dans les deux écoles.

«On entend souvent que les données sont le nouvel eldorado ou que, en termes de richesse, elles constituent le nouveau pétrole. Mais, brutes, ces données ne servent pas à grand-chose. Le centre que nous lançons vise donc à les affiner, à les travailler et les analyser pour en extraire de l’information», explique Martin Vetterli, président de l’EPFL.

Toutes les données possibles

Concrètement, les scientifiques du SDSC auront comme principale mission de fournir des réponses précises aux problèmes du quotidien. Exemple: quel médicament contre l’asthme sera le plus efficace et à prescrire deux heures avant un pic de pollution? «Le centre traitera toutes les données possibles et imaginables, mais comptera tout de même des secteurs clés, comme la médecine personnalisée, les sciences économiques ou encore les questions environnementales.» Martin Vetterli ne cache pas l’objectif politique du projet: pouvoir résister à la concurrence internationale, la plupart des institutions de recherche et d’enseignement de pointe investissant massivement dans le secteur.

A ce titre, la présence de dizaines de chercheurs étrangers pour l’inauguration témoignait de l’engouement pour les «data». Point d’orgue de la journée: la présentation du professeur Jure Leskovec de l’Université Stanford et responsable de la science des données du réseau social Pinterest, soulignait l’importance du sujet à l’étranger. «Avec le SDSC, il s’agit effectivement de se mettre à la hauteur des Etats-Unis ou encore de la Chine, de maintenir notre indépendance pour ne pas devenir une colonie digitale», reconnaît Martin Vetterli.

«La Suisse compte un léger retard, mais pas dans la recherche. Que ce soit en termes de sécurisation ou d’anonymisation des données, le pays est à la pointe»

Une volonté d’indépendance également revendiquée par Olivier Verscheure, directeur exécutif du centre et ancien cadre chez IBM. «La Suisse compte un léger retard, mais pas dans la recherche. Que ce soit en termes de sécurisation ou d’anonymisation des données, le pays est à la pointe. Le principal challenge du SDSC sera de combler les fossés existant entre ceux qui créent des données, ceux qui développent leur analyse et ceux qui pourraient en extraire de la valeur.»

Le centre s’appuiera sur une équipe multidisciplinaire de 30 à 40 spécialistes des données et de l’informatique et experts de domaines spécifiques. Il pourra compter sur une enveloppe de 30 millions de francs répartis sur quatre ans.

Sur le Net www.datascience.ch (TDG)

Créé: 06.02.2017, 21h11

4 questions à Martin Vetterli

A l'heure du tout numérique, les données (data) prennent toujours plus de place. «Mais encore faut-il savoir comment les traiter», avertit Martin Vetterli, nouveau président de l'EPFL.

A en croire le nom du centre que vous lancez, les données sont devenues une véritable science.

Oui, absolument! On entend souvent que les données sont le nouvel eldorado ou que, en termes de richesses, elles constituent le nouveau pétrole. Mais, brutes, ces données ne servent pas à grand chose. Le centre que nous lançons vise donc à affiner ces données, à les travailler et les analyser pour en extraire de l'information. Le centre s'attellera également à aider les fournisseurs, les informaticiens et les spécialistes du domaine à parler la même langue.

Comment s'y prendra-t-il?

En créant une plate-forme d'analyse de pointe. Stocké dans un nuage, ce programme permettra d'analyser des données, qui auront été organisées au préalable. Cette nouvelle plate-forme est une étape fondamentale pour le développement de l’Open Science. Le partage des connaissances scientifiques à grande échelle doit pouvoir s’appuyer sur des infrastructures solides, fiables, et contrôlées. Avec ce centre, la Suisse se dote d’un outil à la hauteur de ses ambitions.

Le Centre national de la science des données a été voulu par le Conseil des EPF. Le domaine est-il à ce point stratégique?

La science des données représente un domaine crucial de l'économie de demain. En lançant l'initiative pour la science des données il y a 18 mois, le Conseil des EPF a donc voulu que la Suisse se positionne très vite dans un secteur - les données - qui évolue très vite. L'initiative permettra à la Suisse de posséder expertise et excellence dans la science des données tout en se battant pour être compétitive à l’échelle mondiale. Il s'agit surtout de veiller à se mettre à la hauteur des Etats-Unis ou encore de la Chine, de maintenir notre indépendance pour ne pas devenir une colonie digitale.

Quelles sortes de données seront traitées par le centre?

Toutes les données possibles et imaginables, mais le centre comptera tout de même des secteurs clés, comme la médecine personnalisée ou encore les questions environnementales.

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