La Une | Jeudi 27 novembre 2014 | Dernière mise à jour 14:52
Mariage

Bénédiction des couples gay: un pasteur relance le débat

Par Aurélie Toninato. Mis à jour le 19.11.2012 4 Commentaires

L’Eglise réformée vaudoise vient d’accepter un rite pour les partenaires du même sexe. A Genève, on en est encore loin.

A Genève, la question d’une bénédiction des couples gay a déjà été débattue. Un pasteur relancera le sujet début 2013 (photo d’illustration).

A Genève, la question d’une bénédiction des couples gay a déjà été débattue. Un pasteur relancera le sujet début 2013 (photo d’illustration).

Sondage

Êtes-vous favorables au mariage religieux des homosexuels à Genève?





Deux occasions manquées d’aborder le sujet

En 1992 déjà, la question d’une bénédiction des couples gays est abordée au Consistoire (Parlement) de l’Eglise protestante genevoise (EPG). «Cela a fait ressortir deux attitudes par rapport à la Bible, détaille Albert-Luc de Haller, modérateur de la Compagnie des pasteurs et diacres.

Une position littéraliste, très respectueuse de ce qui est écrit et donc qui rejette la bénédiction entre deux personnes du même sexe; et une autre, plus ouverte, qui instaure une lecture critique en prenant compte du contexte actuel.» Finalement, l’Eglise se prononce contre la bénédiction. «Mais on a quand même abouti à deux avancées, continue le modérateur: la reconnaissance que les homosexuels doivent être accueillis comme tout un chacun et qu’ils ne sont pas exclus du ministère.» La question est à nouveau abordée en 2006 mais n’est finalement pas jugée prioritaire dans un contexte où l’EPG doit licencier pour raisons économiques.

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Il y a eu l’Espagne, puis la France. Et plus près, l’Eglise évangélique réformée vaudoise. Tous ont empoigné le débat sur le mariage des couples gay. Si l’Espagne a franchi le pas d’autoriser le mariage entre personnes du même sexe, les délégués vaudois ont eux validé un «rite» et non le mariage. Le canton rejoint ainsi une dizaine d’Eglises protestantes cantonales — dont deux romandes, Fribourg et Jura — qui sont favorables à une bénédiction des couples pacsés.

Alors au milieu de ses voisins, Genève fait un peu figure d’irréductible Gaulois: pas l’ombre d’un débat dans la Cité de Calvin. «On en discute entre deux portes», rapporte un pasteur, on assiste à quelques bénédictions «sauvages» ou on redirige les couples pacsés vers d’autres confessions. Si le nombre de demandes de bénédictions n’explose pas, l’intérêt est toutefois présent.

Témoignage envers Dieu

Thierry et Jean-Paul, engagés dans l’Eglise protestante genevoise (EPG), se sont rencontrés en 2000 et partenariés en 2010. En plus de cette union civile, le couple a organisé une grande fête réunissant ses amis dans une salle paroissiale. Le pasteur Blaise Menu, qui officie à l’Espace Fusterie, était également présent. «Mais il était là en tant qu’ami, ce n’était pas une bénédiction», explique Jean-Paul. «Il y avait un pasteur, une lecture biblique, un bref message, un accompagnement préalable, alors cette cérémonie pouvait avoir des allures de bénédiction de mariage, reconnaît Blaise Menu.

Mais en réalité, c’était un accompagnement, certes pastoral mais d’abord amical. Mon rôle a consisté en l’accueil et en une parole pour leur parcours et projet.» Le pasteur précise encore: «Mais il n’y a eu ni geste de bénédiction ni prière liturgique de mariage, je n’ai pas tenu formellement un rôle de pasteur, plutôt celui d’un célébrant laïc. Je ne veux pas jouer avec les mots, mais rendre compte au mieux de la démarche et de sa qualité.» Et Thierry de conclure: «Nous voulions qu’il y ait des références à notre foi — mais pas une liturgie à proprement parler — allant dans le sens d’un témoignage et d’une reconnaissance envers Dieu.»

Pour une reconnaissance

Depuis, le pasteur de l’Espace Fusterie n’a pas eu d’autres sollicitations, même si Albert-Luc de Haller, modérateur de la Compagnie des pasteurs et diacres du canton, rapporte avoir été interpellé plusieurs fois et reconnaît qu’une demande existe à Genève. «L’homosexualité ne doit plus être un motif d’exclusion, et aujourd’hui nous devons pouvoir accompagner toutes les personnes.» «C’est surtout la notion d’égalité qui me paraît importante, insiste Thierry. Et le fait que l’Eglise reconnaisse qu’un couple d’homosexuels a la même valeur qu’un couple hétérosexuel.»

Albert-Luc de Haller s’engage à remettre le sujet sur le tapis en début d’année. «Le débat doit avoir lieu, mais il est compliqué. La question n’est pas seulement d’autoriser ou non une bénédiction, il faut réfléchir à la notion même de la famille. Car elle se pose aujourd’hui en des termes différents, à l’heure des familles monoparentales, de la fécondation in vitro, de l’adoption. Pédagogiquement, il faudrait commencer par instaurer un rite différencié.»

Un avis que partage le pasteur de la Fusterie: «Je pense que le débat actuel en France crispe le sujet car il parle d’un «mariage pour tous» qui implique des questions de droit et de filiation en lien avec l’homoparentalité, et questionne les symboliques sociales. Le débat doit avoir lieu au niveau sociétal et civil, et la question de la bénédiction, bien que liée, est d’un autre ordre. L’Eglise réformée du canton de Vaud, par exemple, a choisi d’avancer pas à pas, en validant d’abord un rite, à définir dans un deuxième temps.»

Bénédiction luthérienne

En attendant que Genève empoigne le débat, les couples gay désireux d’obtenir une bénédiction de leur union peuvent toujours se tourner vers d’autres confessions. «Quelques rares couples ont réussi à obtenir un rite de théologiens en formation ou des bénédictions individuelles de chaque partenaire, rapporte Jean-Paul. D’autres ont choisi de se tourner vers l’Eglise luthérienne américaine et allemande, ou l’Eglise catholique chrétienne, qui organisent des bénédictions pour leurs membres gays.» (TDG)

Créé: 19.11.2012, 07h29

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

4 Commentaires

Thierry Pahud

19.11.2012, 14:19 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 1

Le commentaire de Monsieur Patrick Guerraz est bien péremptoire ! Qui sommes-nous devant Dieu pour poser des jugements aussi arbitraires et définitifs ? Répondre


Ricardo Da Cruz

19.11.2012, 19:39 Heures
Signaler un abus 10 Recommandation 3

Je suis en couple avec mon copain depuis près de 10 années, nous sommes chrétiens, catholiques, mais si un jour on peut être bénis par un pasteur, cela ne me causerait pas de problème de devoir changer d'église ! L'amour est la reconnaissance de notre amour doit être accepté et la bénédiction n'est qu'un petit pas (souvent personnel) pour se sentir aimé et reconnu ! Répondre



Sondage

La Suisse devrait-elle investir massivement dans les énergies renouvelables?




Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce

Sondage

Berne veut rendre les échanges linguistiques obligatoires à l'école, une bonne idée?