Quatre jeunes quittent Winterthur pour la Syrie

Djihadisme en SuisseEn trois mois, quatre jeunes ont rejoint l’Etat islamique pour faire le djihad. Faut-il craindre une cellule terroriste?

De Winterthur sont partis quatre candidats au djihad ces trois derniers mois.

De Winterthur sont partis quatre candidats au djihad ces trois derniers mois. Image: KEYSTONE/Alessandro Della Bella

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Que se passe-t-il à Winterthur? En décembre dernier, la fugue d’un frère et d’une sœur de 16 et 15 ans, partis s’enrôler dans les forces de l’Etat islamique (EI) en Syrie, avait fait la une des quotidiens. Cette semaine, la presse révélait deux autres départs. Sandro*, 18 ans, est parti pour la Syrie en février. Un autre jeune homme est, quant à lui, probablement décédé en janvier dernier lors d’un raid aux environs de Kobané. Il avait 21 ans.

La ville sous le choc

Dans la cité zurichoise, les proches sont sous le choc. Sandro* est décrit par ses camarades comme un garçon joyeux, sociable et appliqué dans son travail. L’adolescent a récemment publié sur Facebook un message relatant sa nouvelle vie. Aux amis qui le supplient de revenir, il répond qu’il «restera en Syrie jusqu’à sa mort». Rien ne laissait présager non plus la fuite, en décembre, d’Alban* et d’Adea*. Originaire des Balkans, la fratrie était très bien intégrée. Adea a montré les premiers signes de radicalisation l’été passé, lorsqu’elle a commencé à se rendre à l’école strictement voilée.

Une cellule de recrutement pour l’EI se serait-il nichée dans le canton de Zurich? Selon les recherches du Tages-Anzeiger, Alban et Sandro auraient tous deux baigné dans le même milieu. Des amis d’Alban racontent que, avant son départ, l’adolescent était constamment accompagné d’un homme barbu de 30 ans. Son père est persuadé que ses enfants se sont radicalisés au sein de la mosquée d’Embrach (ZH), qui a accueilli en 2014 des prédicateurs salafistes. Pour Sandro, les soupçons se portent sur l’Association islamique albanaise de Winterthur.

Un hasard malheureux, selon un expert

Samuel Althof, en charge du Bureau de prévention de l’extrémisme et de la violence (Fexx), travaille directement avec les autorités de la ville. Selon lui, la multiplication des cas à Winterthur est le résultat «d’un hasard». «A ma connaissance, il n’y a pas de cellule chargée de recruter à Winterthur. Il y a bien sûr des cas isolés de personnes radicalisées, mais il n’y a, a priori pas de structure organisée.»

De plus, la radicalisation ne conduit pas forcément au djihad, explique encore le spécialiste. «La radicalisation d’un jeune suit un schéma assez précis. Elle constitue presque systématiquement une réponse à un environnement familial conflictuel. L’ado cherche à attirer l’attention de ses parents. Plus leurs ressources pour y répondre de manière constructive seront maigres, plus l’idéologie deviendra attirante et moins l’adolescent aura de raisons de rester.» Le véritable basculement se fait lorsque le jeune commence à se «former» et à se constituer un équipement. «A nouveau, c’est un très long chemin, insiste Samuel Althof. Les parents ont un grand rôle à jouer.»

Une hotline pour les proches

Le Fexx travaille actuellement à la meilleure façon de réintégrer les éventuels jeunes de retour du djihad. Winterthur a également mis en place une hotline permettant aux jeunes, parents et professeurs de parler ou d’exprimer leurs inquiétudes concernant un autre adolescent. (TDG)

Créé: 27.03.2015, 20h48

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