Blanchiment d’argent
Postfinance a rompu avec 60 officines de transfert d’argent
Mis à jour le 24.06.2012 3 Commentaires
Postfinance a rompu à fin mars avec une soixantaine d’officines de transfert d’argent à l’étranger. La filiale de La Poste estime que les risques de violation de la loi sur le blanchiment étaient trop élevés, a indiqué à l’ats un porte-parole confirmant une information du «Matin Dimanche».
Le porte-parole de Postfinance, Marc Andrey, n’a pas voulu chiffrer le manque à gagner lié à cette décision. La plus connue de ces sociétés de transfert de fonds, Western Union, liée aux CFF, n’est pas concernée par cette mesure.
Pour le procureur général du canton de Genève, Olivier Jornot, interviewé par «Le Matin Dimanche», ces sociétés de transfert d’argent présentent certes un risque mais il est «contrôlé. Il s’agit en effet d’intermédiaires financiers soumis à la loi sur le blanchiment d’argent et contrôlés par un organisme d’autorégulation ou par la FINMA» (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers). Les petits commerces sont plus inquiétants.
Ces boutiques, qui font par exemple 100’000 francs de chiffre d’affaires mensuel en ne vendant que des cigarettes, des salades et de l’alcool, sont «en pleine expansion». Le procureur reconnaît toutefois que les mécanismes de transfert d’argent ne sont pas encore clairs et demandent à être explorés.
Ces nouvelles filières qui fonctionnent un peu comme la Pizza Connection des années 70 sont «clairement dans le collimateur de la police genevoise». Mais Olivier Jornot «ne peut pas donner davantage d’informations concrètes sur la stratégie mise en place pour identifier ces filières».
Printemps arabe
Le Printemps arabe et ses migrants ont fait de la Suisse et de l’arc lémanique en particulier un point de chute idéal. Selon le rapport du 14 mai du Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent, les communications de soupçons ont augmenté nettement, passant de 1159 en 2010 à 1625 en 2011, soit une hausse de 40%.
Le montant cumulé - années 2009 et 2010 - atteint un record de 3,3 milliards de francs. Alors qu’aucune communication n’avait été enregistrée en rapport avec les pays du Maghreb et du Moyen-Orient en 2010, 135 cas ont été signalés en 2011 pour un montant de près de 600 millions.
Interrogé dans ce contexte, le chef de l’Office fédéral de police (fedpol), Jean-Luc Vez, avait toutefois précisé qu’il ne faut pas déduire de cette tendance que le blanchiment d’argent est en augmentation. La Suisse ne compte d’ailleurs «ni plus ni moins de cas de blanchiment que d’autres places financières de même type». La hausse des cas est plutôt due à un sentiment de responsabilité de plus en plus élevé des intermédiaires financiers. (ATS/TDG)
Créé: 24.06.2012, 11h40
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La rédaction
3 Commentaires
"La plus connue de ces sociétés de transfert de fonds, Western Union, liée aux CFF, n’est pas concernée par cette mesure. " c'est pourtant WE qui est l'outil de transfert de fonds le plus utilisé par les arnaqueurs et escrocs du net! Répondre
on ne travaille plus avec 60, mais on laisse une de plus grandes? Répondre





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