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Education

Initiative contre la «sexualisation» de l’école

Mis à jour le 17.04.2012 19 Commentaires

L’éducation sexuelle doit se réduire au strict minimum à l’école: aucun cours obligatoire ne devrait être imposé avant l’âge de douze ans. La droite conservatrice part en guerre au moyen d’une initiative populaire.

Benjamin Spuehler du comité des parents à Bâle, Suzette Sandoz, Sebastian Frehner et Jakob Buechler ont présenté à la presse leur initiative.

Benjamin Spuehler du comité des parents à Bâle, Suzette Sandoz, Sebastian Frehner et Jakob Buechler ont présenté à la presse leur initiative.
Image: Keystone

L’éducation sexuelle doit se réduire au strict minimum à l’école: aucun cours obligatoire ne devrait être imposé avant l’âge de douze ans. La droite conservatrice est partie mardi en guerre au moyen d’une initiative populaire. Mais des dissensions voient déjà le jour.

Pour les initiants, l’éducation sexuelle est l’affaire des parents. Tout cours obligatoire dispensé à l’école est illégal, car il viole une série de droits fondamentaux: libertés personnelle, de croyance et de conscience, protection de l’intégrité des enfants et de la sphère privée, respect de la vie familiale.

L’initiative vise à garantir qu’aucune éducation sexuelle ne soit dispensée à l’école enfantine et durant les deux premières années du primaire, a déclaré le conseiller national Sebastian Frehner (UDC/ BS) devant la presse.

Dans son collimateur, les directions cantonales de l’instruction publique, notamment celle de son canton, et l’Office fédéral de la santé publique, accusé de vouloir imposer de tels cours.

«Nos enfants ont le droit de pouvoir vivre une enfance insouciante et sans pornographie», affirme le comité. Selon la libérale vaudoise Suzette Sandoz, il ne s’agit pas pour autant de dire «le sexe c’est fini» mais de poser des jalons. L’initiative distingue ainsi entre plusieurs formes d’enseignement et fixe des limites d’âge.

Strict miminum

Jusqu’à l’âge de neuf ans, les enfants ne devraient être confrontés à aucune éducation sexuelle. Tout au plus, un cours destiné à la prévention des abus sexuels peut être dispensé. Car il s’agit de mettre en garde contre un mal qui peut venir quelquefois du milieu familial, selon Mme Sandoz.

L’éducation sexuelle pourrait être ensuite enseignée, mais de manière facultative. Il est hors de question d’imposer de tels cours qui portent sur des question philosophiques, culturelles et religieuses, a souligné la libérale, faisant un lien avec l’enseignement religieux, qui ne doit pas non plus avoir de caractère obligatoire.

Les seuls cours auxquels les enfants pourraient être tenus d’assister, dès l’âge de 12 ans, devraient se limiter à «la transmission de savoirs sur la reproduction et le développement humains», dans le cadre de l’enseignement de la biologie. Il s’agit de transmettre des connaissances et non des valeurs, a insisté Mme Sandoz, assurant que l’initiative n’empiète pas sur la souveraineté cantonale et est parfaitement applicable.

Suisse romande tranquille

En Suisse romande, les cours d’éducation sexuelle existent déjà et sont répartis en trois niveaux. Le premier concerne l’école enfantine et est axé sur la prévention des abus sexuels. Les élèves du primaire reçoivent une information sexuelle et affective. Les cours sur la reproduction humaine sont donnés à partir de 13 ans dans les cours de sciences ou de biologie.

Pour la libérale vaudoise, l’initiative ne cherche pas à régler un problème dans une partie du pays qui n’en connaît pas. Et d’affirmer que de nombreux parents sont heurtés par le caractère obligatoire d’un cours et qu’une pression énorme est faite sur les enfants dont les parents réclament une dispense.

Pour certains milieux, l’initiative n’est encore pas assez stricte. Le comité «pour des familles saines» s’élève ainsi contre ce texte car il donnerait une base constitutionnelle à la «sexualisation» de l’école. Il s’oppose en tout cas à ce qu’un cours puisse être déclaré obligatoire et menace donc de lancer sa propre initiative.

Polémiques alémaniques

Plusieurs polémiques alémaniques sont à l’origine du lancement du texte présenté mardi. Une pétition du même acabit a déjà été déposée contre le plan d’études qui doit être appliqué dès 2014 outre-Sarine et un groupe de parents bâlois fait croisade contre une boîte d’accessoires pédagogiques contenant des organes sexuels en peluche et en bois.

Ces personnes sont membres du comité. Parmi les initiants, qui ont jusqu’au 17 octobre 2013 pour déposer les 100’000 signatures nécessaires, on retrouve aussi plusieurs élus fédéraux, actuels ou anciens, issus notamment des rangs de l’UDC, de l’UDF, du PEV et de la Lega.

Les UDC jurassien Dominique Baettig et valaisan Oskar Freysinger sont ainsi de la partie ainsi que la députée vaudoise Fabienne Despot. Des PDC, comme le conseiller national valaisan Yannick Buttet, et des libéraux-radicaux les ont rejoints. (ats/Newsnet)

Créé: 17.04.2012, 09h13

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19 Commentaires

bêtise crasse

17.04.2012, 09:26 Heures
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N'importe quoi.Il pourrait dire aussi qu'il n'y a pas besoin de se protéger car ce n'est pas utile et pas dans la mouvance de l'église en général.Mieux vaut rester ignorant,se faire piéger par méconnaissance,tomber enceinte très jeune ou pire encore tomber malade avant de mourir du sida.Ce parti aurait eu beaucoup d'attrait à l'âge de la pierre. Répondre


jane lyre

17.04.2012, 10:06 Heures
Signaler un abus 6 Recommandation 0

Il ya un temps pour tout,,, c'est juste , dans certains pays , le sexe, le mariage est une chose accompli très jeune, mais dans nos pays dits civilisés il est de bon aloi de prendre le temps.Il y a des jeunes qui fument des joints très tôt et après on se décrie , il en est de même pour faire l'amour, à l'âge de raison 10-12 c'est déjà bien suffisant d'avoir accès à une éducation sexuelle. Répondre



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