Une pierre jetée d’un pont frappe une auto sur l’A1

AccidentAveuglée par l’impact sur son pare-brise, la conductrice a pu s’arrêter. La police n’a pas retrouvé les auteurs.

Le pont de la route de la Gare, qui franchit l’A1 à Denges, vu du côté Lausanne. C’est là qu’un «caillou noir gros comme une balle d’enfant» est tombé sur une voiture.

Le pont de la route de la Gare, qui franchit l’A1 à Denges, vu du côté Lausanne. C’est là qu’un «caillou noir gros comme une balle d’enfant» est tombé sur une voiture. Image: PHILIPPE MAEDER

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Une Pulliérane de 75 ans n’oubliera pas son trajet en voiture du samedi 27 février. Alors qu’elle rentrait d’une balade à Morges, accompagnée de son fils de 40 ans, handicapé en chaise roulante, et d’une fillette de 5 ans et demi confiée par des connaissances, un gros caillou heurte son pare-brise. Elle roulait à 100 km/h sur l’autoroute A1 en direction de Lausanne, peu après 16 h. Le choc s’est produit au passage du pont de la route de la Gare à Denges.

«J’ai vu un caillou noir gros comme une balle d’enfant frapper le pare-brise sans le traverser»

«C’est venu très vite, en quelques secondes. J’ai vu un caillou noir gros comme une balle d’enfant frapper le pare-brise sans le traverser. Après le choc, la vitre s’est étoilée. Je ne pouvais plus rouler comme ça», raconte la conductrice, qui souhaite rester anonyme. Malgré le trafic intense sur un tronçon où la bande d’arrêt d’urgence est utilisée comme troisième voie, elle réussit à trouver un refuge quelques centaines de mètres plus loin: «Juste après l’impact, j’ai gardé la maîtrise. Mais une fois que je me suis arrêtée, mes jambes tremblaient.»

Ni la conductrice ni les deux passagers installés à l’arrière de la Peugeot Partner aménagée pour son fils n’ont été blessés. Des gendarmes sont intervenus et la Pulliérane a déposé une plainte. «Un ou des auteurs auraient lancé un objet depuis le pont», lit-on dans le rapport de la police cantonale. En l’absence de signalement, personne n’a été interpellé.

Cas tragique

De tels agissements sont rares et la police ne tient pas de statistiques à ce sujet. Même dans des cas tragiques, on ne retrouve pas forcément le responsable. Le 9 février 1990, sous une passerelle de l’A9 située à l’est de Lausanne, dans le secteur Boveresses/Praz-Séchaud, le passager d’un minibus est tué sur le coup par un bloc de sept kilos. Deux autres jets se produisent, sans victime. Plus de 200 interrogatoires aboutissent à un non-lieu. Des grillages sont posés, remplacés ensuite par des parois en plexiglas.

Plus fréquemment, des ados ou des enfants jettent des cailloux par jeu. Au printemps 2003, des jeunes s’amusent à «tirer» sur des ambulances depuis le pont du Tunnel, à Lausanne. Ils sont interpellés. Tout comme deux ados qui, en décembre 2004, ont caillassé les véhicules depuis le pont du funiculaire Vevey-Chardonne - Mont-Pèlerin, blessant légèrement un chauffeur de camion. On voit de tout dans ce genre de bêtises dangereuses. En novembre 2008, de jeunes fêtards payernois avaient lancé un piquet à neige sur une voiture depuis un pont de l’A1. Et, en juin 2015, la police surprenait des enfants qui jetaient des œufs durs sur l’autoroute à Saint-Légier.

Sécurisation très chère

Faudrait-il sécuriser tous les ponts d’autoroute? Ce n’est pas à l’ordre du jour du côté de l’Office fédéral des routes (OFROU): «Il n’y a pas de politique générale à cet égard. Ce serait très compliqué d’aménager des protections intégrales. Et le coût serait colossal», déclare son porte-parole romand, Olivier Floc’hic. Il faut compter plusieurs dizaines de milliers de francs pour grillager un pont. Une paroi de plexiglas coûte à elle seule 60'000 francs.

La conductrice pulliérane ne cherche pas à se poser en miraculée: «Mon but n’est pas de dire que j’aurais pu mourir. C’est passé. Je ne traite pas non plus les gens d’assassins. Ce sont plutôt des imbéciles qui n’ont pas pensé aux conséquences. Ce sont peut-être des gamins», affirme-t-elle. Elle espère que son témoignage sera utile à des fins de prévention.

(TDG)

(Créé: 13.03.2016, 21h38)

Casco indispensable

La conductrice n’a rencontré aucune difficulté à se faire payer le remplacement de sa vitre, environ 800 fr. au total, par son assurance. Mais ça ne va pas de soi! Le principe de base, c’est que le responsable de l’accident passe à la caisse.

Et quand on ne sait pas de qui il s’agit? Selon les assureurs que nous avons interrogés, la victime n’est indemnisée que si elle dispose au moins d’une casco partielle. «Elle couvre le remplacement du pare-brise, des glaces latérales et de la lunette arrière. Si la pierre a été lancée par un auteur identifié, l’assureur casco demandera le remboursement à celui-ci», explique ainsi, d’une manière générale, Vaudoise Assurances.

Mais l’assurance RC de l’auteur, estimant que son client a commis une faute grave et volontaire, pourrait refuser de couvrir les dégâts qu’il a occasionnés, le laissant avec ses ennuis pénaux et financiers.

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Genève: ouverture d'une école pour surdoués
Plus...