L'e-voting souffre des affaires d'espionnage

Vote en ligneDe nombreux politiciens utilisent le scandale de l'espionnage américain contre le vote électronique. Selon eux, les risques de sécurité sont trop élevés.

Le vote électronique ou e-voting divise les parlementaires. La Chancellerie fédérale étudie divers systèmes. Image: Keystone

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«Il n'y a rien de plus dangereux dans une démocratie que la perte de confiance dans un vote», estime Christoph Blocher, et c'est ce qui arrive à son avis avec l'introduction prévue du vote électronique ou e-voting. Le scandale de la NSA ne fait que renforcer son opinion, comme l'a expliqué le vice-président de l'UDC au Schweiz am Sonntag. Il redoute des manipulations et la fin du secret de l’isoloir.

Il n'est pas le seul sous la coupole et ce n'est pas qu'une question d'âge. Balthasar Glättli, 41 ans et actif aussi bien sur Twitter que Facebook, pousse à la prudence. Le conseiller national vert a déjà déposé une motion pour forcer le Conseil fédéral à arrêter les tentatives d'e-voting. Seule exception à prévoir: pour les Suisses de l'étranger n'ayant pas de services postaux dignes de confiance.

Beaucoup de faiblesses dans le e-voting

Et voilà que la commission des institutions politiques (CIP) s'intéresse à sa motion. Il a manqué une voix pour qu'elle soit reprise la semaine précédente, croit savoir Glättli, mais près de la moitié de ses membres pense que le risque de sécurité est réel. Outre le scandale de la NSA, ils n'ont pas oublié ce hacker genevois qui avait pu démontrer la vulnérabilité du système cet été.

Le point faible provient des ordinateurs des particuliers qui peuvent facilement être infectés par un virus informatique ou redirigés vers un faux site. La Confédération en est consciente mais il n'y a eu aucune preuve de manipulation réussie jusqu'à présent, souligne la Chancellerie fédérale. Cette dernière poursuit ses projets et veut présenter le vote électronique comme une «troisième voie».

Il s'agit là d'une revendication de longue date des Suisses de l'étranger. Et ils pourraient être les premiers à en profiter pour les élections parlementaires de 2015 avant que le système ne soit ouvert à tous les citoyens suisses. Par la suite, la récolte de signatures électroniques pour les initiatives et les référendums est également prévue.

Le scandale de la NSA est passé par là

C'était avant que le scandale de la NSA ne vienne ébranler toutes les certitudes. «En Suisse, il n'y a aucune raison d'avoir un e-voting», estime Lukas Reimann, conseiller national UDC de Saint-Gall. Il pense aussi que cette option ne devrait être valable que pour les Suisses de l'étranger, dès qu'elle sera sure.

La motion de Balthasar Glättli stipule que les e-citoyens puissent vérifier si leur vote a été correctement accepté, ce qui soulève bien des défis techniques, sans évoquer également le secret de l'isoloir. La publication du code source des programmes est également exigée afin d'être étudiée de près et de mettre à jour d'éventuelles possibilités d'accès caché.

Sans cela, tout e-voting devrait être repoussé, explique Glättli. «Je ne suis pas contre le vote électronique mais la sécurité m'est plus importante que la rapidité.» Sans parler de la confiance, élément central de tout vote ou élection.

Le vote papier n'est pas plus sûr

Des arguments balayés par les soutiens au projet. «Qui garantit que les bulletins de vote en papier ne soient pas manipulés?», interpelle Filippo Lombardi, conseiller aux Etats PDC qui siège à la présidence de l'organisation des Suisses de l'étranger. Jacqueline Fehr ajoute que les risques du vote électronique ne sont pas plus élevés que ceux du vote traditionnel.

La sensibilité au sujet de la sécurité devrait encore grimper en raison des révélations continues sur les pratiques des services de renseignement. «Nous ne devrions pas pour autant en revenir à l'âge de pierre et abandonner les projets», ajoute la vice-présidente du Parti Socialiste. Il vaut mieux augmenter la sécurité.

La Chancellerie fédérale explore déjà des pistes et étudie des systèmes où les citoyens pourraient vérifier leur vote et être surs que leur oui est bien un oui. (nxp)

Créé: 04.11.2013, 16h12

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