Immigration
«Les étrangers doivent payer plus d'impôts»
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 21.01.2013
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En soi, l'immigration est positive, constate Reiner Eichenberger. «Mais elle devient négative lorsque l'augmentation de la population touche aux limites naturelles et politiques, notamment dans les transports, l'énergie et l'immobilier», ajoute l'économiste qui enseigne la politique économique et financière à l'Université de Fribourg.
«Nous avons vraiment besoin de certaines capacités de main-d'oeuvre étrangères. Mais pas, comme aujourd'hui, d'un accroissement net de 80'000 personnes par an», explique Reiner Eichenberger lundi dans le «Tages-Anzeiger».
L'incitation par l'impôt
Cet accroissement exige une forte adaptation des infrastructures, notamment au niveau des transports publics et des écoles. Or, de l'avis du professeur fribourgeois, il y a un risque que nous les construisions aujourd'hui au prix fort et que l'immigration ne connaisse finalement pas le développement prévu.
Pour financer ces infrastructures et contenir le flux d'étrangers désireux de s'établir et de travailler en Suisse, Reiner Eichenberger juge préférable de définir une solution libérale et non-discriminatoire. Les contingents et autres mesures de planification, telles celles proposées par l'UDC et le PS, «manqueront à coup sûr leur but».
Une sélection des candidats à l'immigration, comme pratiquée par le Canada, serait par ailleurs difficile et discriminatoire. D'où sa recommandation de limiter le flux migratoire en taxant davantage les étrangers qui viennent s'installer en Suisse.
Un gain à redistribuer aux nationaux
Faire payer plus d'impôts aux étrangers et réduire leurs droits aux prestations sociales ne seraient pas discriminatoire, à ses yeux. Les cantons de Suisse centrale et de Berne avaient déjà pratiqué de la sorte en 1850, rappelle-t-il.
La mesure permettrait même d'étendre la libre circulation à l'ensemble des pays de l'OCDE, ajoute-t-il. «Qui est prêt à payer plus d'impôts et de taxes scolaires serait cordialement invité à participer au bien-être économique et social de la Suisse».
La réduction du volume de l'immigration qui en résulterait soulagerait les problèmes de la hausse des loyers, de la limitation de l'espace habitable et de la charge environnemental, confirme l'économiste. L'impôt prélevé générerait en outre des gains importants à redistribuer entre les nationaux.
Questionné sur les chances de voir pareille idée trouver un écho politique favorable, Reiner Eichenberger répond qu'«une proposition, aussi bonne soit-elle, n'est pas susceptible de réunir immédiatement une majorité». (Newsnet)
Créé: 21.01.2013, 16h29
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