Quelle billetterie électronique s'imposera dans les trains et les bus?

Transports publicsLes CFF, Car Postal et la compagnie BLS planchent sur un standard commun. Plusieurs systèmes sont au coude-à-coude.

Car Postal a testé avec succès l'an dernier un système développé avec des partenaires valaisans.

Car Postal a testé avec succès l'an dernier un système développé avec des partenaires valaisans. Image: Keystone

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«C’est génial. Plus besoin d’acheter un ticket à l’avance ou de se demander combien de zones on va traverser. Dès que je vois arriver le bus, j’ouvre l’application sur mon smartphone et je m’enregistre en un seul clic en montant à bord.» Ce Romand travaillant à Berne vient de découvrir Lezzgo, une solution de billetterie électronique développée par la compagnie BLS. Son parcours est déterminé par géolocalisation. Et sa carte bancaire est automatiquement débitée du montant correspondant à son trajet effectif.

A quand une telle flexibilité dans toute la Suisse? Les poids lourds du secteur y travaillent d’arrache-pied. Le BLS, les CFF et CarPostal collaborent depuis un an, sur la base des expériences menées d’un bout à l’autre du pays. Objectif: aboutir à un système de e-ticketing commun, offrant la garantie aux clients de toujours bénéficier du prix le plus favorable. «Une validation de principe interviendra cet été, et des tests suivront», dit Valérie Gerl, porte-parole de CarPostal.

Pour l’heure, quelque 200 volontaires essaient Lezzgo dans plusieurs communautés tarifaires, dont Fribourg, Neuchâtel et Vaud. Mais rien ne dit que ce système sera finalement choisi. Il présente un inconvénient: l’utilisateur doit signaler sa sortie du bus, du tram ou du train, sur son smartphone. En cas d’oubli, il risque de payer plus cher que prévu! Les développeurs de Lezzgo tentent d’y remédier avec une option permettant d’effectuer son check out après coup. En outre, l’application se déconnecte automatiquement à 4 h la nuit suivante. «Si le client continue son voyage en voiture privée, par exemple, le système le remarque et calculera pour la facture uniquement le trajet effectué en train», assure un porte-parole de BLS.

Guerre d’influences

D’autres solutions techniques sont sur les rangs pour emporter le morceau. A l’image de Fairtiq, qui se proclame le titre de transport électronique le plus répandu (30 000 clients) et le plus facile à utiliser de Suisse. Disponible depuis le printemps 2016, cette application fonctionne sur le même principe que Lezzgo. «Mais elle envoie des rappels de check out, souligne son fondateur, Gian-Mattia Schucan. Et nous nous efforçons de supprimer cette opération manuelle.» Les Transports publics fribourgeois, qui ont contribué à la création de Fairtiq, le qualifient de très fiable. Stéphane Berney, porte-parole, fait état d’une forte croissance du nombre d’utilisateurs.

CarPostal, de son côté, entend faire valoir les qualités de CIBO, une billetterie électronique testée avec succès l’an dernier en Valais par la filiale du géant jaune. Avantage notable: l’usager n’a pas à se préoccuper de quitter l’application en sortant du bus, la déconnexion étant automatique (lire ci-contre). Des soucis techniques sont néanmoins survenus avec les routeurs installés à bord, incitant CarPostal à envisager le recours à une autre technologie. «L’idéal serait de parvenir à un check out automatique sans devoir installer des appareils dans les véhicules de transports publics», note Gian-Mattia Schucan.

«L’idéal serait de parvenir à un check out automatique sans devoir installer des appareils dans les véhicules de transports publics»

On devine donc une guerre d’influences qui se joue en coulisses, même si les partenaires que sont BLS, CarPostal et les CFF se gardent bien d’en parler en ces termes. Frédéric Revaz, porte-parole des CFF, évoque «une phase d’émulation». Les tests en cours, dit-il, montreront quelle est la meilleure application. Pourquoi cela prend-il autant de temps, sachant que des milliers de voyageurs profitent déjà du e-ticketing? «Parce que les entreprises de transport (ndlr: elles sont plus de 200 en Suisse) devront se mettre d’accord sur un standard commun à tous les opérateurs, répond Frédéric Revaz. Et parce que la solution choisie devra impérativement se baser sur une technologie éprouvée et présentant un excellent niveau de sécurité.» (TDG)

Créé: 19.06.2017, 09h34

Voyager d'abord, payer ensuite

Les solutions de billetterie électronique s’adressent aux voyageurs occasionnels, non-détenteurs d’un abonnement général. Deux systèmes sont testés en Suisse:

«Check in - check out»
En téléchargeant l’application gratuite, l’utilisateur saisit ses données personnelles et bancaires. Juste avant de monter dans le bus, le tram ou le train, il s’enregistre avec son smartphone. Parvenu à destination, il se déconnecte. Les données de localisation doivent rester activées durant le trajet. A la fin de la journée, un décompte automatique est effectué et le compte de l’usager est débité la nuit suivante. Le prix sera au maximum celui d’une carte journalière pour les zones traversées.

Lezzgo
Champ de validité: les réseaux des communautés tarifaires Mobilis (VD), Onde verte (NE), Libero (BE-SO) et Passepartout (LU-OW-NW).

Nombre de téléchargements: plus de
10 000 à ce jour. Les usagers de Lezzgo y ont recours en moyenne 6,5 fois par mois.

Fairtiq
Champ de validité: communautés tarifaires Frimobil (FR), Libero (BE-SO), STI (Thoune), Passepartout (LU-OW-NW), Zoug, Ostwind (Suisse orientale) Engadin Mobil (GR) et du Liechtenstein.

Utilisateurs: plus de 30 000.

«Check in - be out»
L’utilisateur de l’application CIBO de CarPostal s’enregistre au moyen de son smartphone en entrant dans le bus, mais n’a pas besoin de répéter ce geste à la sortie: le système détecte automatiquement que son portable n’est plus connecté au wi-fi du véhicule.

La facturation intervient une fois par mois, avec garantie du meilleur tarif possible. Exemple: le prix d’une carte multicourses est facturé lorsque le même trajet a été effectué 6 fois.

Utilisateurs: 50 clients tests en 2016 sur la ligne de CarPostal Sion-Martigny.

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